
À quelques mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, appelle les supporters à boycotter les matchs organisés aux États-Unis. En cause : les politiques migratoires de Donald Trump, les tensions diplomatiques croissantes et les menaces qui pèseraient sur les fans étrangers.
L’ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, appelle les supporters à ne pas se rendre aux États-Unis pour la Coupe du monde 2026, en raison de tensions politiques, de politiques migratoires restrictives et de risques sécuritaires. Une position qui relance le débat sur la légitimité des pays hôtes.
Le cri d’alarme de Sepp Blatter
À quelques mois du coup d’envoi du Mondial 2026, prévu du 11 juin au 19 juillet en Amérique du Nord, l’ancien patron de la FIFA, Sepp Blatter, a lancé un appel retentissant. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), l’ex-dirigeant suisse exhorte les fans de football à boycotter les matchs organisés aux États-Unis, coorganisateur avec le Canada et le Mexique.
À 89 ans, Blatter s’appuie sur les propos de Mark Pieth, avocat suisse et ancien conseiller anticorruption de la FIFA. Ce dernier a récemment dénoncé dans la presse helvétique les dangers d’un Mondial dans un pays où les opposants politiques sont marginalisés, les migrants stigmatisés et les voyageurs sous haute surveillance.
« Pour les supporters, un seul conseil : évitez les États-Unis ! », a déclaré Blatter en citant Pieth. « Je pense qu’il a raison de remettre en question cette Coupe du monde. »
Un climat politique jugé hostile
L’appel au boycott repose en grande partie sur les prises de position de l’ancien président américain Donald Trump, accusé d’avoir relancé des politiques agressives sur l’immigration et d’avoir durci les restrictions d’entrée sur le territoire américain. Plusieurs pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Iran ou Haïti, ont vu leurs ressortissants exclus de la possibilité d’assister aux matchs, faute de visas délivrés.
Le comportement de l’administration Trump vis-à-vis du Groenland, sa volonté d’en faire un territoire américain, et ses menaces commerciales à l’encontre de pays européens hostiles à cette idée, ont également alimenté les critiques. En Allemagne notamment, plusieurs voix s’élèvent pour envisager sérieusement un boycott diplomatique et sportif.
Des supporters africains en première ligne
Ce sont surtout les supporters africains qui risquent d’être les plus impactés. L’annonce de l’exclusion probable des fans ivoiriens et sénégalais, deux pays dont les équipes nationales sont qualifiées, a soulevé l’indignation. Pour Sepp Blatter, priver les peuples de ces nations d’un événement aussi fédérateur que la Coupe du monde est inacceptable.
« De toute façon, vous verrez mieux à la télévision », ironise Mark Pieth. « Et s’ils ne se comportent pas correctement à leur arrivée, ils seront renvoyés par le premier vol. S’ils ont de la chance… »
La FFF refuse de suivre
En France, la Fédération française de football (FFF) a rapidement réagi. Son président, Philippe Diallo, a indiqué dans les colonnes d’Ouest-France qu’il n’était pas question pour la France de boycotter le Mondial 2026. « Ce serait une erreur de priver nos joueurs et nos supporters d’un événement aussi important », a-t-il estimé.
Mais cette position ne suffit pas à apaiser les tensions. L’appel de Sepp Blatter, même symbolique, relance une réflexion plus globale sur les critères d’attribution de grands événements sportifs à des pays au cœur de controverses diplomatiques, politiques ou sociales.





