Bolloré quitte la filière café-cacao en Côte d’Ivoire

La multinationale française, Bolloré, quitte la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Elle a décidé de céder sa filiale ivoirienne Dafci, l’un des leaders du secteur dans le pays. Ce retrait devrait permettre au groupe de se recentrer sur son cœur de métier : le transport et la logistique.

Le groupe français Bolloré se retire de Dafci, sa filiale spécialisée dans le négoce du café et du cacao en Côte d’Ivoire. Le groupe quitte ainsi un secteur vital à l’économie ivoirienne. Au sein de la multinationale, on indique que la décision est purement « stratégique ». Et ne tient ni à la crise actuelle que connaît le pays – « autrement, Bolloré se serait totalement retiré de la Côte d’Ivoire », explique-t-on -, ni aux résultats de l’entreprise. En excluant Dafci de son portefeuille, Bolloré se recentre donc sur son cœur de métier et son activicté principale en Afrique : le transport et la logistique. Près de 66% du chiffre d’affaires du groupe se réalise dans ce domaine qui emploie 82,9% de ses effectifs.

La stratégie de la discrétion ?

Outre Dafci, le groupe français est présent, en Côte d’Ivoire, à travers des sociétés comme SDV, Saga, Delmas (transport maritime et logistique) et Sitarail (transport ferroviaire). Bolloré est en ce moment en tractation pour céder Dafci à un opérateur international ou ivoirien. Ces derniers devraient hériter d’une société en pleine forme qui compte parmi les leaders du secteur. Un secteur dominé par les firmes multinationales et plus particulièrement la firme américaine Cargill. Dafci, qui ne fait que du négoce, a traité, pendant la campagne 2002-2003, près de 1,3 million de tonnes de café et de cacao qui ont généré 1,124 milliard de F CFA, soit près de 1,7 milliard d’euros de recettes à l’exportation. Dafci était rentré dans le portefeuille de Bolloré à la suite de la libéralisation, en 1999, de la filière café-cacao.

Avec ce retrait, Bolloré renonce, du moins en Côte d’Ivoire, à sa stratégie de diversification. Et semble vouloir se faire plus discrète dans le paysage économique ivoirien. L’affaire de la concession du terminal de Vridi – une ordonnance sur requête du tribunal de première instance d’Abidjan datant du 17 mai dernier l’autorise à poursuivre ses activités au port d’Abidjan – secoue l’opinion publique ivoirienne. En 2002, le chiffre d’affaires de la multinationale était de 5 472 millions d’euros, dont près de 31% ont été réalisés en Afrique de l’Ouest et dans l’Océan Indien.