Bamako célèbre la photo africaine


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Tlemcen ou les lieux de l'écriture, Mohammed Dib, 1946

Les Ve Rencontres de la photographie africaine battent leur plein à Bamako jusqu’au 20 novembre prochain. Dans la foulée de la semaine professionnelle, la biennale a remis ses prix ce week-end, faisant preuve d’éclectisme. A l’image de l’ensemble de la programmation, très riche.

Rencontres de la photographie africaine, cinquième édition. La Biennale ancre cette année encore un peu plus Bamako dans sa vocation photographique. Même si les photographes maliens sont peu présents (à part un hommage au grand portraitiste Seydou Keïta mort en 2001 et l’exposition de Mohamed Camara), la capitale malienne sait se faire l’hôte de tous les courants et de toutes les générations. Placée sous le thème « Rites sacrés, rites profanes », la Biennale a distribué ses distinctions ce week-end, à l’issue de la semaine professionnelle.

Le Prix Seydou Keïta, présenté par le ministère de la Culture du Mali pour le meilleur portraitiste a été attribué à Youssef Nabil. Ce jeune Egyptien inventif, qui détonnait déjà aux Rencontres de la photographie d’Arles, cet été en France, détourne les clichés hollywoodiens et les pimente à sa délicieuse sauce orientale-kitsch. C’est le Sénégalais Pape Seydi qui a remporté le Prix de la Francophonie présenté par l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie pour un travail de recherche esthétique, notamment pour sa série en noir et blanc sur les jeunes Sénégalais.

Les contours du « off »

Quatre pays ont droit à des expositions nationales (Egypte, Mozambique, Sénégal et Zimbabwe). On peut en retrouver des échantillons dans le superbe catalogue des Rencontres, publié par l’Association française d’action artistique (Afaa) qui supervise la manifestation. « C’est un très bel événement », résume Alain Monteil, secrétaire-général adjoint de l’Afaa, qui revient tout juste de Bamako. « De l’avis général, la qualité des travaux sélectionnés est très grande. La Biennale a permis à des photographes qui ne sortent jamais de leur pays de venir montrer leur travail. Et pour eux, ce n’est qu’un début car les expositions des Rencontres circulent dans le monde entier. Suite à l’édition 2001, plus de 60 pays ont accueilli les expos. Il reste maintenant à travailler sur le public local qui n’est pas encore habitué à se déplacer pour voir des photos. L’excitation qui prévaut pendant la semaine professionnelle a tendance à retomber ensuite », explique-t-il.

En ce sens, la manifestation « off », intitulée « Les contours », amène la photographie au public, et non pas l’inverse, en exposant dans la rue et les quartiers… Quant à ceux qui auront la chance de se déplacer à Bamako, ils auront l’embarras du choix. A ne pas rater : l’hommage à l’écrivain algérien Mohamed Dib, mort cette année. Les photographies qu’il a prises de sa ville natale sont enfin exposées, après avoir été éditées dans un livre, Tlemcen ou les lieux de l’écriture. A voir aussi : la série « Ports d’Afrique » qui propose la vision croisée de neufs photographes. Dix ports africains « vus » par quatre Français, un Algérien, un Martiniquais, un Mozambicain, un Sud-africain et le talentueux Ivoirien Ananias Leki Dago.

Les Prix

• Prix Seydou Keïta, présenté par le ministère de la Culture du Mali pour le meilleur portraitiste : Youssef Nabil (Egypte)

• Prix de la Francophonie présenté par l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie pour un travail de recherche esthétique : Pape Seydi (Sénégal)

• Prix de l’Union Européenne pour un travail de photographie de presse ou de reportage : Roberto Stephenson (Haïti)

• Prix AFAA/Afrique en création présenté par l’AFAA/AEC pour un jeune photographe : Emeka Okereke (Nigeria)

Autres prix et mentions attribués par le jury pour la diaspora :

• Le Prix special du Jury : Fatimah Tuggar (Nigeria)

• Deux mentions spéciales pour : Cirenaica Moreira (Cuba), Jorge luis Alvarez Pupo (Cuba)

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