
Au lendemain de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle du Bénin, le président français, Emmanuel Macron, a adressé un message de félicitations au président élu, Romuald Wadagni, saluant une élection qu’il inscrit sous le signe de la « paix, de la stabilité et du développement ». Une prise de position rapide qui témoigne de l’importance stratégique du Bénin dans le dispositif diplomatique français en Afrique de l’Ouest.
La victoire de Romuald Wadagni, acquise dès le premier tour aux côtés de sa colistière, Mariam Chabi Talata, a été officialisée par la Cour constitutionnelle sans contestation, hier jeudi. Ce scrutin marque une nouvelle étape dans la trajectoire politique du Bénin, pays souvent présenté comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, malgré les débats suscités ces dernières années par les réformes électorales mises en œuvre par Patrice Talon. Dans l’attente de son investiture, le nouveau président reçoit des messages de félicitations du monde entier. Ce vendredi, c’est le Président français qui a sacrifié à cette tradition.
Paris mise sur la continuité et l’approfondissement des relations
Dans son message, Emmanuel Macron ne se contente pas de féliciter le Président élu du Bénin. Il esquisse les contours d’un partenariat appelé à se renforcer, évoquant des « liens anciens et profonds » entre la France et le Bénin. Plusieurs axes de coopération sont mis en avant :
- Le domaine patrimonial et muséal, dans la continuité des restitutions des biens culturels engagées ces dernières années ;
- L’éducation et la formation, secteurs clés pour accompagner la croissance économique ;
- Les partenariats économiques, avec un accent sur les investissements durables et créateurs d’emplois.
Cette approche s’inscrit dans la stratégie française de renouvellement de ses relations avec l’Afrique, marquée par une volonté affichée de rompre avec les logiques anciennes au profit de partenariats plus équilibrés.
Un enjeu sécuritaire régional en toile de fond
Au-delà des considérations économiques et culturelles, le message de Paris comporte une dimension sécuritaire explicite. Dans un contexte régional fragilisé par la montée des groupes terroristes dans le Sahel et leur progression vers les pays côtiers, la France réaffirme sa « solidarité constante » envers le Bénin. Ces dernières années, le nord du pays a été confronté à des incursions terroristes, poussant les autorités béninoises à renforcer leur dispositif sécuritaire et leur coopération internationale. L’appui français demeure un levier important, notamment en matière de renseignement et de formation.
Passés l’euphorie de la victoire et le temps des félicitations, le nouveau Président béninois, dont l’installation aura lieu le 24 mai 2026, devra prendre à bras le corps le problème de la sécurité dans la partie septentrionale du pays et faire mieux que le gouvernement de Patrice Talon dont il est, jusqu’à l’heure actuelle, l’un des pivots. De même, il devra répondre aux attentes sociales, notamment en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et d’inclusion politique. Sur le plan extérieur, Romuald Wadagni devra naviguer dans un environnement géopolitique en mutation. En effet, les partenaires traditionnels comme la France sont de plus en plus concurrencés par d’autres acteurs, tels que la Chine, la Turquie ou la Russie.




