Amina retrouve la liberté

Condamnée à mort par lapidation, Amina Lawal, une Nigériane de 30 ans, va peut-être pouvoir s’occuper de sa fille de six mois. Le tribunal islamique de Funtua a ordonné sa libération. Jusqu’en janvier 2004.

Trois jours avant Safiya. La condamnation en première instance d’Amina Lawal était intervenue trois jours avant que la Cour d’appel islamique de l’Etat de Sokoto n’acquitte Safiya Husaini. Les deux Nigérianes étaient accusées d’adultère et condamnées à mort par lapidation. Lundi dernier, un tribunal islamique de Funtua (Etat de Katsina, nord du Nigeria) a ordonné la libération d’Amina Lawal. Jusqu’en janvier 2004. Elle est autorisée à retourner dans son village pour s’occuper de sa fille de six mois. Le tribunal islamique de Funtua s’est montré plus clément que celui de Bakori qui avait condamné à mort, le 22 mars denier, la jeune femme de 30 ans. Le premier tribunal s’est basé sur l’aveu d’Amina d’avoir eu un enfant alors qu’elle était divorcée pour annoncer sa sentence.

Après Safiya, Amina…

L’affaire est reportée au 8 juillet mais la défense affiche une grande sérénité.  » Nous sommes optimistes quant au succès de notre appel. Je n’ai aucune crainte que ma cliente ne soit pas libre à l’issue du procès », a déclaré à l’AFP l’avocat, Aliyu Musa Yawuri. Amina, la plus jeune d’une fratrie de 13 enfants, a été mariée deux fois. Après son deuxième divorce en juin 2000, elle avait entamé en décembre une relation avec un homme qui avait duré onze mois, jusqu’à son accouchement. Elle avait été arrêtée le 4 mars dernier après avoir été dénoncée par son beau-père.

Le président nigérian Olusegun Obasanjo a déclaré la charia contraire à la Constitution et a appelé les douze Etats du Nord à revenir sur leurs jugements basés sur la loi coranique. Cependant, l’Etat nigérian étant fedéral, chaque Etat est libre d’appliquer ses propres lois.

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