Alloula revient par la Toile

Abdelakader Alloula, le dramaturge algérien disparu en 1994 d’une façon tragique, revient par la Toile. L’auteur des Généreux et du Voile, assassiné par des intégristes, était synonyme d’une culture algérienne humaniste et universelle. C’était Alloula

Il était incontournable (il l’est toujours), universel, oranais et surtout le père du théâtre algérien non académique. Ses personnages parlaient en arabe algérien, quelquefois avec l’accent arrondi d’Oran. Ils parlaient vrai. C’était Alloula. L’enfant terrible de la scène algérienne a été assassiné par deux terroristes le 10 mars 1994. C’était (c’est) quand les intégristes s’en prenaient à l’intelligence, à la création, à l’Algérie humaniste. Abdelkader Alloula était celui qui a descendu le théâtre algérien dans la rue en lui redonnant tout son génie populaire. Auteur, acteur, dramaturge, le fils d’El Ghazaouet (ex-Nemours) est monté sur les planches dès 1956. Plus tard, il reviendra au Théâtre régional d’Oran où il avait commencé à jouer en qualité de directeur. Et de visionnaire.

Alloula le goual, le diseur

Fin connaisseur et praticien de Diderot, Brecht, Molière ou Goldoni, Alloula revendiquait profondément ses racines, sa culture, sa langue, l’arabe populaire, dans laquelle il aura toujours écrit. Il s’est attelé à donner la parole aux Sans voix . Dockers, éboueurs, gardiens, cuisiniers, chômeurs, forment le monde d’Alloula. Un univers qui se reconnaîtra dans les paroles du dramaturge.  » Quand on écrit pour un peuple, on écrit pour tous les peuples « , affirme Radja, son épouse, qui a pris la tête de la Fondation Alloula pour continuer à faire vivre le message universel du révolutionnaire du théâtre.

Le site qui lui est dédié est simple et sans prétention. Il existe pour que les profanes découvrent un génie au coeur gros comme ça et pour que les nostalgiques entendent toujours le goual, le diseur. Car Alloula a toujours été fasciné par les troubadours qui subjuguaient les foules sur les places aux jours de marché. El Goual (Celui qui dit, le narrateur, le conteur…) représentait pour lui la forme finie du théâtre.

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