Algérie : Tebboune instruit Saïd Chanegriha de transformer Tanezrouft en prison pour les barons de la drogue


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Le général algérien Saïd Chanegriha
Le général de corps d'armée Saïd Chanegriha

L’Algérie accélère la transformation d’une ancienne caserne de l’Armée nationale populaire (ANP), située dans le désert du Tanezrouft, en prison de haute sécurité destinée aux barons de la drogue et aux narcotrafiquants. Après la décision prise le 2 septembre par le Haut Conseil de sécurité, le président Abdelmadjid Tebboune a réuni, mardi 8 septembre, les responsables militaires et judiciaires chargés de superviser le projet.

Lors de cette réunion de travail, le chef de l’État a fait le point sur l’avancement de la conversion de l’ancienne infrastructure militaire, située dans le Grand Sud algérien. Les échanges ont également porté sur sa réception, son transfert sous la tutelle du ministère de la Justice et les conditions de sa mise en service.

Une décision prise par le Haut Conseil de sécurité

Étaient notamment présents le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’état-major de l’ANP, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, des officiers supérieurs de l’armée ainsi que le directeur général de l’administration pénitentiaire. Les travaux ont donc réuni les responsables de la défense et ceux chargés de l’administration pénitentiaire autour du transfert de cette infrastructure militaire.

La transformation de la caserne avait été décidée six jours auparavant. Le 2 septembre, le Haut Conseil de sécurité, présidé par Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé la reconversion d’une caserne de l’ANP située à Tanezrouft en établissement pénitentiaire de haute sécurité destiné aux « barons de la drogue et aux trafiquants ». Le même Conseil avait décidé la création d’un organisme sécuritaire spécialisé dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Tanezrouft, un site du Grand Sahara

Le communiqué du Haut Conseil de sécurité n’avait pas précisé la capacité de la future prison ni la date de son ouverture. La réunion du 8 septembre a porté sur les étapes nécessaires à sa réception et à son placement sous l’autorité du ministère de la Justice. Le calendrier précis de mise en service et les caractéristiques techniques de l’établissement n’ont pas été détaillés. Le Tanezrouft se trouve dans l’extrême sud-ouest de l’Algérie, à proximité de la frontière avec le Mali.

Cette région désertique, très faiblement peuplée, est connue pour son aridité et ses températures élevées. En été, les températures peuvent dépasser 50°C. Le Tanezrouft est également connu sous l’appellation de « pays de la soif ».  Le choix d’une ancienne installation militaire permet au projet de partir d’une infrastructure existante. Les autorités algériennes doivent toutefois achever les travaux de conversion avant son transfert au ministère de la Justice et son entrée en fonctionnement.

Une nouvelle structure spécialisée contre la drogue

Actuellement, le nombre de détenus prévu ni les modalités exactes de leur transfert vers cet établissement ne sont pas encore fixés. La prison de Tanezrouft constitue l’une des deux mesures annoncées le 2 septembre dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants. Le Haut Conseil de sécurité a parallèlement décidé de créer un organisme de sécurité spécialisé dans ce secteur, sur le modèle de structures existant dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis.

Cette nouvelle structure doit compléter le dispositif déjà existant. L’Algérie dispose notamment de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), organisme créé en 1997 et placé sous la tutelle du ministère de la Justice. La nouvelle structure annoncée par le Haut Conseil de sécurité relève, elle, du dispositif sécuritaire consacré à la lutte contre les réseaux de trafic.

Des saisies de stupéfiants en hausse

Les décisions interviennent après plusieurs opérations de saisie importantes. Le 21 août, les autorités algériennes avaient annoncé l’interception de plus de 10 millions de capsules de prégabaline et de plus de 33 kilogrammes de cocaïne dans le cadre d’une opération présentée comme une saisie record. Quelques jours plus tard, les services de sécurité ont également annoncé la saisie de 228 kilogrammes de cocaïne dissimulés dans un camion-citerne près d’Oran.

Les autorités ont parallèlement multiplié les opérations visant les réseaux de trafic et de distribution de stupéfiants et de substances psychotropes. Avec la reconversion de la caserne de Tanezrouft et la création annoncée d’un organisme sécuritaire spécialisé, les mesures décidées début septembre ajoutent deux nouveaux volets au dispositif algérien de lutte contre le narcotrafic.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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