
Le gazoduc transsaharien revient au premier plan entre Alger et Niamey, mais la visite de Mohamed Arkab, les 21 et 22 septembre, précise surtout la prochaine étape attendue au Niger. Après son entretien avec le président Abdourahamane Tiani, la partie algérienne a appelé au lancement rapide des levés topographiques du tracé nigérien et des études environnementales et géotechniques. En juin, Sonatrach avait annoncé le démarrage des travaux sur la section algérienne. La question est désormais de savoir quand les préparatifs au Niger permettront, à leur tour, de passer au chantier.
Arrivé à Niamey lundi 21 septembre avec le PDG de Sonatrach de la Sonatrach, Noureddine Daoudi, et des membres de ses filiales, le ministre d’État algérien des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a échangé avec son homologue nigérien Hamadou Tini sur plusieurs projets énergétiques entre les deux pays. Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) d’une longueur totale de 4 128 km, de Warri au Nigeria jusqu’à Hassi R’mel, dont 841 km au Niger, qui doit relier le Nigeria à l’Europe en passant par le Niger et l’Algérie, figurait au premier rang des dossiers examinés.
« Les deux parties ont réaffirmé l’importance stratégique de ce projet qui relie l’Algérie, le Niger et le Nigeria, ainsi que son rôle dans le soutien à l’intégration énergétique africaine et la promotion du développement économique et social dans les pays de la région« , précise le communiqué du ministère nigérien du pétrole.
Kafra et Bilma au programme
Les échanges entre Mohamed Arkab et Hamadou Tini ont porté sur le projet de recherche et d’exploration conduit par Sonatrach sur le bloc pétrolier de Kafra, ainsi que sur l’évaluation de nouveaux blocs, dont celui de Bilma. Selon le ministère algérien des Hydrocarbures, Sonatrach et la Sonidep souhaitent étendre leur partenariat à l’ensemble de la filière pétrolière, de l’exploration à la commercialisation. L’objectif affiché est de mieux valoriser les ressources du Niger tout en renforçant les compétences de ses entreprises et de ses cadres.
La formation des cadres nigériens, le partage d’expertise pour la maintenance des installations de raffinage, l’équipement d’un laboratoire pétrolier et la gestion des données figurent parmi les pistes de coopération évoquées. Les deux parties souhaitent également renforcer l’accompagnement de Sonidep dans l’expertise, la commercialisation et la négociation du pétrole brut.
Le raffinage constitue aussi un autre volet de cette coopération, avec le suivi des grands travaux de maintenance de la raffinerie de Zinder, afin de renforcer les capacités nigériennes et permettre à Sonatrach de mettre son expérience au service de la filière pétrolière du pays.
Tiani veut accélérer la coopération énergétique
Au lendemain de ces échanges, Mohamed Arkab a été reçu au palais de la présidence par Abdourahamane Tiani. Porteur d’un message du président algérien Abdelmadjid Tebboune, le ministre d’État a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à renforcer sa coopération avec le Niger dans le secteur des hydrocarbures.
Sur sa page Facebook, Abdourahamane Tiani a indiqué que les deux pays avaient décidé de donner « un nouvel élan » à leur relation. « L’Algérie et le Niger sont liés par l’histoire, la géographie et la fraternité. Nous avons décidé de donner un nouvel élan à cette relation, particulièrement dans le domaine des hydrocarbures. Nous avons évoqué ensemble l’accélération du projet stratégique du Gazoduc Transsaharien et le renforcement du partenariat entre SONATRACH et la SONIDEP pour mieux valoriser nos ressources au profit de notre souveraineté« .
Du rapprochement politique aux étapes concrètes du gazoduc
La visite de Mohamed Arkab prolonge le rapprochement engagé entre Alger et Niamey depuis le déplacement d’Abdourahamane Tiani en Algérie, en février 2026. Mais elle intervient aussi après deux avancées sur le terrain. D’abord le lancement annoncé des travaux du tronçon algérien du gazoduc en juin puis celui d’un puits d’exploration sur le bloc pétrolier de Kafra en août.
Pour le gazoduc, la prochaine étape annoncée concerne le Niger qui doit engager les levés topographiques du tracé, ainsi que les études environnementales et géotechniques. Les discussions de Niamey confirment la volonté des deux pays de faire avancer le projet ; elles ne fixent toutefois pas de date de lancement des travaux sur la section nigérienne. C’est sur cette échéance que se mesurera désormais l’accélération promise par Alger et Niamey.




