Alger et Rabat s’affrontent sur les terrains de football

Abdelmadjid Tebboune et Mohammed VI
Le Président Abdelmadjid Tebboune et le roi Mohammed VI

Le conflit entre l’Algérie et le Maroc, qui s’est exacerbé avec la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, glisse sur le terrain sportif, notamment le football, avec les derniers développements. L’Algérie ayant récusé un arbitre marocain désigné par la CAF pour diriger le match Niger / Burkina Faso.

L’Algérie, dans le cadre du conflit qui l’oppose au Maroc, ne compte laisser aucune parcelle de terrain au voisin. Après avoir lourdement sanctionné Rabat avec notamment la décision de rompre les relations diplomatiques avec le royaume chérifien et interdit son espace aérien aux avions marocains, civils comme militaires, l’Algérie déplace le conflit sur les terrains de football.

Alors que la CAF a désigné un arbitre marocain pour diriger le match qui opposera le Niger au Burkina Faso, le 12 novembre prochain, au stade de Marrakech, les autorités algériennes auraient demandé à l’institution de récuser le Marocain. La désignation d’un arbitre marocain pour le match Niger / Burkina Faso est perçue en Algérie comme une faveur faite au Burkina Faso.

Cette perception étant une conséquence de la tension existant entre l’Algérie et le Maroc. Selon le journal algérien Ennahar, la Fédération algérienne de football (FAF) aurait officiellement saisi la CAF pour récuser la désignation de le juge marocain, convaincue que l’arbitre pourrait protéger les joueurs burkinabè, parmi lesquels «neuf sont menacés de sanction lors du match face à l’Algérie».

L’Algérie et le Burkina Faso s’affronteront le 16 novembre prochain, au stade de Blida, pour le compte de la 6ème et dernière journée des éliminatoires de la Coupe du monde Qatar 2022. Les deux équipes sont en tête du groupe A avec 10 points chacun, et l’issue des deux rencontres Niger / Burkina et Djibouti / Algérie est importante pour les deux équipes nationales.

Les enjeux sont si importants que les Algériens ont très tôt lancé l’alerte. La crise entre le Maroc et l’Algérie semble avoir pris le dessus sur l’aspect sportif à tel point que l’Algérie remet en cause les choix et la diligence de la CAF. Depuis l’annonce de l’identité de l’arbitre marocain pour cette rencontre, en Algérie, on crie au scandale. Y a-t-il des raisons de tirer la sonnette d’alarme du côté algérien ?

L’on sait toutefois que cette position des autorités du football algérien, qui doutent de la bonne foi de l’arbitre marocain est strictement liée à la tension entre Rabat et Alger. Une posture qui pourrait être dénudée de sens si on porte un regard dans le rétroviseur pour se rappeler de la joie du roi Mohammed VI, lorsque l’Algérie a été sacrée championne d’Afrique.

L’on pourrait en effet croire que le roi donnera des instructions fermes pour que les intérêts de l’Algérie ne soient pas lésés sur le sol marocain. Surtout que le souverain, qui considère l’Algérie comme un peuple frère, est perçu comme le supporter numéro un de l’équipe nationale algérienne de football.

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