Afrique du Sud : Valterra Platinum voit son bénéfice quasi doubler grâce à l’envolée des cours des métaux


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Platine
Platine

Le premier producteur mondial de platine a publié ce mardi 25 février des résultats annuels spectaculaires, portés par la flambée des prix des métaux du groupe platine et d’importantes réductions de coûts opérationnels.

Valterra Platinum, le géant sud-africain du platine, a annoncé ce mercredi que son bénéfice annuel avait quasiment doublé en 2025, confirmant le retour en force d’un secteur minier qui semblait, il y a encore deux ans, en déclin structurel.

Le bénéfice net du groupe s’est établi à 15,4 milliards de rands Bloomberg, soit un peu plus de 860 millions de dollars. Le bénéfice par action (headline earnings per share) est passé de 32,05 rands à 63,48 rands, une progression remarquable qui reflète la dynamique exceptionnelle du marché des métaux rares en général et des platinoïdes en particulier.

Un panier de métaux en hausse de 26 %

Cette performance repose sur deux piliers. D’une part, une hausse de 26 % du prix moyen du panier de métaux du groupe platine (PGM), tirée par une demande soutenue, notamment chinoise, et des craintes liées à d’éventuels droits de douane américains. D’autre part, des économies opérationnelles chiffrées à 5 milliards de rands, qui ont permis de compenser largement les effets de l’inflation et les coûts ponctuels liés à la scission du groupe.

Le platine a en effet connu un rallye historique en 2025, atteignant 2 684 dollars l’once, soit une hausse de 142 % sur un an Crux Investor. Ce rebond spectaculaire s’explique par un déficit d’offre persistant, estimé à 692 000 onces en 2025, qui a réduit les stocks mondiaux de manière significative.

Une nouvelle vie après la scission avec Anglo American

Valterra Platinum, anciennement Anglo American Platinum (Amplats), a entamé une nouvelle ère en mai 2025, lorsque le groupe a été séparé de sa maison mère Anglo American dans le cadre d’une vaste restructuration. Les coûts liés à cette opération de scission ont représenté 1,7 milliard de rands , un fardeau qui n’a toutefois pas empêché le groupe de réaliser une année exceptionnelle.

Coté à Johannesburg et à Londres, Valterra est le premier producteur mondial de platine par la valeur, représentant environ 38 % de l’offre annuelle mondiale. Ses opérations sont principalement concentrées dans le complexe du Bushveld, en Afrique du Sud.

Un secteur en convalescence, mais encore fragile

Si les résultats de Valterra témoignent d’un retournement favorable du marché, le PDG Craig Miller avait prévenu dès le second semestre 2025 que la reprise restait fragile. Environ 90 % de l’industrie du platine est désormais rentable ou à l’équilibre, contre seulement 40 % fin 2024, avait-il précisé. Toutefois, les prix actuels ne suffieraient pas encore à encourager de nouveaux investissements dans la production. Selon le dirigeant, il faudrait une hausse supplémentaire d’environ 50 % des cours pour inciter les producteurs à développer de nouvelles capacités.

L’Afrique du Sud, qui concentre plus de 70 % de l’offre mondiale de platine, a vu de nombreuses mines fermer ou être mises en sommeil ces dernières années en raison de la chute des prix, du vieillissement des infrastructures et des tensions sociales récurrentes dans le secteur minier.

Des perspectives portées par la demande automobile

Le marché des PGM, produits liés au platine, bénéficie également de facteurs structurels favorables. La montée en puissance des véhicules hybrides, qui représentent désormais environ 20 % des ventes mondiales et nécessitent davantage de platinoïdes que les moteurs thermiques classiques, soutient la demande.

Avec des déficits d’offre qui devraient persister jusqu’à la fin de la décennie et un pipeline de nouveaux projets miniers quasi inexistant, le marché du platine semble entré dans un cycle haussier durable, dont Valterra Platinum est aujourd’hui le principal bénéficiaire.

Criss Bailly
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Criss Bailly est un journaliste collaborant avec afrik.com, où il couvre une large palette de sujets allant de la politique à la culture, en passant par la santé et la société. Ses articles abordent des thématiques variées, telles que la responsabilité sociétale des entreprises en Afrique, la situation épidémiologique du Covid-19 au Gabon, ou encore des enquêtes sur des scandales internationaux impliquant des figures publiques. Il met également en lumière des figures marquantes du continent, comme l’écrivain Serge Bilé ou la chanteuse Dobet Gnahoré, à travers des interviews et des analyses approfondies. Son travail reflète un engagement à décrypter les dynamiques africaines contemporaines, tout en donnant une voix aux acteurs influents du continent.
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