
Huit mois après la mort de l’ancien président zambien Edgar Lungu en Afrique du Sud, sa dépouille reste au cœur d’un imbroglio juridico-politique. Le corps de l’ex-chef d’État repose toujours dans une morgue de Pretoria. Une nouvelle polémique a éclaté autour des causes réelles de son décès.
Edgar Lungu est décédé en juin dernier à l’âge de 68 ans.
La famille balaie les soupçons de crime
Face à l’ouverture d’une enquête pénale par la police sud-africaine, la famille d’Edgar Lungu a choisi de briser le silence par la voix de ses avocats. Dans une lettre datée du 11 février 2026 adressée aux autorités, le cabinet Mashele Attorneys rejette catégoriquement les allégations d’empoisonnement qui circulent dans l’opinion publique. Bien que les proches collaborent avec la justice en répondant aux différentes commissions rogatoires, ils qualifient ces accusations d’infondées et dénuées de preuves crédibles. Selon la défense, ces rumeurs partiraient de déclarations publiques erronées qui ne reflètent en rien la réalité médicale du décès, officiellement attribué à une maladie non précisée.
Lire aussi : Zambie : Hakainde Hichilema banni des funérailles d’Edgar Lungu
Un corps sous haute surveillance et enjeu de pouvoir
La situation est d’autant plus tendue que la dépouille fait l’objet d’une surveillance 24h/24. La police sud-africaine a récemment tenté d’obtenir la garde directe du corps pour les besoins de l’enquête, une démarche qui inquiète vivement les ayants droit. Actuellement, deux décisions de justice maintiennent le défunt sous la responsabilité d’une entreprise funéraire privée, en attendant l’issue des multiples recours judiciaires. Ce blocage empêche toute inhumation et transforme une affaire de deuil privé en un dossier d’État ultrasensible entre Pretoria et Lusaka.
Le bras de fer diplomatique entre Lusaka et Pretoria
Derrière les questions médicales se cache une lutte d’influence acharnée. Le gouvernement zambien actuel, dirigé par Hakainde Hichilema, exige le rapatriement du corps pour organiser des funérailles nationales avec tous les honneurs dus à son rang. À l’inverse, la veuve d’Edgar Lungu et ses enfants s’y opposent farouchement. Ils affirment que l’ancien président, dont les relations avec son successeur étaient notoirement exécrables, ne souhaitait en aucun cas la présence de ce dernier à ses obsèques. La famille a d’ailleurs déposé un nouveau recours devant la Cour suprême d’appel de Bloemfontein pour tenter d’annuler une précédente décision favorable au rapatriement, prolongeant ainsi une attente qui semble sans fin.



