Afrique du Sud : un retour au travail peu suivi à la mine de Marikana

Peu de mineurs étaient à leur poste ce lundi matin et 600 d’entre eux étaient toujours en grève, sur ce site d’extraction de platine à Marikana, au Nord-Ouest du pays. Pour la compagnie Lonmin, qui exploite la mine, les employés attendent que les conditions de travail soient plus sûres. Il y a quinze jours, un mouvement social avaient dégénéré et entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes.

Faible reprise du travail à la mine de platine de Marikana, ce lundi, rapporte l’AFP. D’après l’exploitant du site, la compagnie Lonmin, ils n’étaient en effet que 13% à leurs postes, ce matin. 600 employés s’étaient par ailleurs rassemblés devant le site pour continuer de faire entendre leurs revendications. Il y a quinze jours, la mine de Marikana avait été marquée par des événements d’une rare violence : 34 personnes avaient notamment été tuées par la police lors d’une mobilisation.

« Les employés attendent que l’environnement soit sûr avant de revenir au travail », indique Lonmin dans un communiqué. D’après la compagnie, qui avait incité les ouvriers à reprendre du service ce matin, des « actes d’intimidation » auraient été menés contre les chauffeurs de bus, dans la nuit de dimanche à lundi, pour « empêcher (les ouvriers) de reprendre le travail ». Les accès à la mine sont actuellement contrôlés par des gardes de sécurité armés.

Des rassemblements qui dégénèrent

Jeudi 16 août, un rassemblement de près de 3 000 employés grévistes (sur les 28 000 que compte le site), à Marikana, avait dégénéré. Les forces de l’ordre avaient tiré sur des employés, dont certains munis d’armes à feu selon la police (les mineurs, eux, affirment qu’ils n’en avaient pas mais étaient armés de machettes, lances et gourdins), et provoqué la mort de 34 personnes. Par ailleurs, quelques jours plus tôt, 10 personnes-dont 2 policiers- étaient mortes suite à un conflit entre deux syndicats des mines, le NUM et l’ACMU.

Les grévistes réclament de fortes augmentations de salaire, actuellement de 4 000 rand mensuels (400 euros) selon eux. Mais pour la compagnie Lonmin, avec les allocations et bonus ajoutés, les foreurs à l’origine de la grève gagneraient environ 9 800 rand, avant impôts. Ces derniers souhaitent néanmoins un triplement de leur revenu, soit 12 500 rand mensuels.

Vendredi, la ministre du Travail, Mildred Oliphant, avait rencontré les représentants syndicaux à Rustenberg, non loin de la mine. Les négociations doivent se poursuivre mercredi.

Une enquête a par ailleurs été ouverte pour faire la lumière sur d’éventuels abus de la part des forces de l’ordre. 130 plaintes ont ainsi été déposées par des mineurs à l’encontre de la police qu’ils accusent de violences. Et ce alors que les rapports d’autopsie révèlent, d’après le quotidien The Star de ce lundi, que de nombreux mineurs ont été victimes de tirs dans le dos, jeudi 16 août, lors de leur confrontation avec les forces de l’ordre.

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