Marikana : Pretoria vole au secours des grévistes

Le gouvernement sud-africain a demandé ce mardi la suspension de l’ultimatum dont faisait l’objet les 3 000 mineurs grévistes de la mine de Marikana, qui ont arrêté le travail depuis plus d’une semaine réclamant une hausse des salaires et une amélioration des conditions de sécurité. Pretoria souhaite reporter la date de retour au travail fixé à ce mardi jusqu’à l’identification et l’enterrement de toutes les victimes de ce conflit social qui a tourné au drame jeudi dernier, lorsque la police a ouvert le feu contre ces grévistes causant la mort de 34 salariés de la société Lonmin, troisième producteur mondial de platine.

Les salariés de la mine de Marikana (nord-ouest) vont peut-être pouvoir souffler. Pretoria demande le report de la date de retour au travail fixé à ce mardi. Le gouvernement sud-africain a, en effet, exigé la suspension de l’ultimatum qui pesait sur les 3 000 mineurs grévistes de la société Lonmin, qui ont arrêté le travail depuis plus d’une semaine réclamant une hausse de salaires et une amélioration des conditions de sécurité. La présidence de l’Afrique du Sud souhaite d’abord et avant tout que toutes les victimes de ce conflit social, qui a tourné au drame jeudi dernier lorsque la police a ouvert le feu sur les manifestants, soient identifiées et enterrées.

« Lors de nos discussions avec la direction, nous avons souligné, et nous pensons qu’ils nous ont entendus, qu’à ce stade, je pense que nous devons essayer de calmer l’explosion d’émotions de chaque côté et de tenter de parvenir à une solution raisonnable », a déclaré le secrétaire général de la présidence, Collins Chabane, au moment où expirait l’ultimatum, rapporte Le Nouvel Observateur. Et de poursuivre : « Et donc dans ce contexte de deuil des personnes qui sont mortes dans cette grève, nous pensons qu’il est important pour eux d’examiner la question d’une suspension de l’ultimatum, et nous pensons qu’ils sont d’accord, et nous allons confirmer avec eux ce matin ce qui s’est passé ».

Pour l’heure, les autorités s’affairent à identifier des corps. Les recherches continueront jusqu’à mercredi avant l’organisation des obsèques nationales, suivies d’une semaine de deuil national décrétée par le Président Jacob Zuma.

Pour rappel, 34 personnes avaient trouvé la mort jeudi dernier dans des affrontements avec la police et 10 autres dans le cadre de luttes intersyndicales entre la toute puissante organisation NUM (la National Union of Mineworkers) et une branche dissidente, l’ACMU (l’Association of Mineworkers and Construction Union). 259 personnes ont été arrêtées dans le cadre de ces troubles. Certains mineurs devaient d’ailleurs se rendre, ce lundi, au tribunal pour soutenir leurs collègues.

Un peu plus d’un mineur sur quatre était de retour au travail, ce lundi matin, dans la mine de platine de Marikana. L’ultimatum de Lonmin, reporté à ce mardi, a donc du plomb dans l’aile avec cette demande de Pretoria visant à le reporter à une date ultérieure.

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