Afrique du Sud : décès de Mosiuoa Lekota, figure de la lutte contre l’apartheid


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Mosiuoa Lekota

L’Afrique du Sud pleure la disparition de Mosiuoa Lekota, ancien ministre de la Défense et figure historique de la lutte contre l’apartheid. L’ancien prisonnier politique de Robben Island s’est éteint à l’âge de 77 ans après une longue maladie. Compagnon de combat de Nelson Mandela, il a marqué la transition démocratique du pays avant de fonder le parti d’opposition COPE. Sa disparition suscite une vague d’hommages dans toute la classe politique sud-africaine.

La nation arc-en-ciel s’est réveillée ce mercredi 4 mars 2026 avec une triste nouvelle : le décès de Mosiuoa Lekota à l’âge de 77 ans. Celui qui fut l’un des piliers de la lutte contre l’apartheid s’est éteint des suites d’une longue maladie. Sa disparition marque la fin d’un chapitre important de l’histoire politique sud-africaine, emportant avec lui les souvenirs d’une époque où le courage physique était le prix de la liberté.

De l’enfer de Robben Island aux sommets de l’État

Le parcours de Mosiuoa Lekota, surnommé affectueusement « Terror », est indissociable de la libération du pays. Militant de la première heure, il a partagé les geôles humides de Robben Island avec Nelson Mandela. Cette épreuve carcérale, loin de briser son élan, a forgé une résilience qui deviendra sa marque de fabrique.

À la chute du régime ségrégationniste, il s’est imposé comme une figure incontournable du Congrès National Africain (ANC), occupant notamment le poste stratégique de ministre de la Défense de 1999 à 2008 sous la présidence de Thabo Mbeki.

La rupture historique avec l’ANC et la naissance du COPE

L’année 2008 a marqué un tournant radical dans sa carrière. Fidèle à Thabo Mbeki, Lekota a refusé d’accepter la destitution de ce dernier par l’appareil du parti. Ce désaccord profond l’a conduit à rompre avec sa famille politique de toujours pour fonder, le 3 novembre 2008, le Congrès du Peuple (COPE).

Cette scission a constitué le premier véritable séisme politique pour l’ANC, le nouveau parti réussissant l’exploit de recueillir environ 7 % des suffrages lors des élections générales de 2009. Bien que l’influence électorale du COPE ait décliné par la suite, l’audace de Lekota a durablement ouvert la voie au pluralisme en Afrique du Sud.

L’hommage unanime d’une nation reconnaissante

Au-delà des clivages partisans qui ont marqué sa fin de carrière, c’est l’homme d’État et le combattant de la liberté que l’Afrique du Sud pleure aujourd’hui. Le président Cyril Ramaphosa a salué la mémoire d’un « serviteur du peuple » dont la vie fut un exemple de dévouement à la justice.

Pour le chef de l’État, le pays perd un pilier de sa démocratie, un homme dont le courage exceptionnel restera gravé dans les annales nationales. Les hommages qui affluent de tout le spectre politique témoignent de l’immense respect que commandait cet ancien prisonnier politique devenu bâtisseur de nation.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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