Sénégal : le tandem Diomaye-Sonko à l’épreuve du pouvoir et du FMI


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Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko
Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Entre pressions économiques internationales et gestion des crises sociales internes, l’unité du sommet de l’État sénégalais est scrutée de près. Si l’alliance entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko semble solide en apparence, des divergences stratégiques sur la dette et la ligne du PASTEF alimentent désormais les rumeurs de tensions au sein de l’exécutif.

Un différend stratégique sur la dette et le FMI

Le climat politique s’est alourdi au Sénégal suite aux récentes tensions dans les universités et aux négociations complexes avec le Fonds Monétaire International (FMI). Au cœur du débat : la gestion de la dette publique.

Le gel d’un programme de 1,8 milliard de dollars en 2024 par le FMI après la révélation par le gouvernement de plus de 11 milliards de dollars de dettes non déclarées par l’administration précédente, a créé une onde de choc. Ousmane Sonko a publiquement affiché une posture de fermeté, évoquant un refus catégorique de certaines restructurations proposées par l’institution financière, là où la Présidence semble privilégier une approche plus diplomatique pour rassurer les marchés.

Rumeurs de « cohabitation douce » au sein du PASTEF

Les spéculations sur une lutte de pouvoir au sein du PASTEF (Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité) ont gagné en intensité après des déclarations perçues comme contradictoires. Ousmane Sonko, leader historique du parti qui avait propulsé Bassirou Diomaye Faye vers la présidence suite à son inéligibilité en 2024, a récemment tenu des propos ambigus lors d’une intervention médiatique.

Répondant à l’inquiétude d’un militant, le Premier ministre a évoqué un concept de « cohabitation douce », précisant que si le Président ne s’alignait plus sur la ligne radicale du parti, le PASTEF, fort de sa majorité au Parlement, pourrait envisager une forme de rupture ou un retour à l’opposition. « Le PASTEF n’a aucun problème avec l’une ou l’autre de ces options », a-t-il martelé, tout en rappelant que le parti reste le socle du pouvoir actuel.

Quel impact pour la stabilité socio-économique ?

Si Ousmane Sonko a tenté de tempérer son discours en affirmant être prêt à « chercher un terrain commun pour avancer ensemble », le risque d’une paralysie institutionnelle inquiète les observateurs. En effet, une persistance de ces divergences pourrait avoir des conséquences directes :

  • Retard des financements : Le FMI pourrait prolonger le gel des fonds en l’absence d’une vision économique unifiée.
  • Instabilité sociale : Les tensions universitaires nécessitent une réponse ferme et coordonnée de l’exécutif.
  • Climat des affaires : Les investisseurs étrangers scrutent la cohérence du message porté par le « ticket » Diomaye-Sonko.
  • Et il faut prendre en compte les tensions économiques que pourrait entraîner un prolongement du conflit en Iran.

Pour l’heure, le Sénégal se trouve à la croisée des chemins, oscillant entre la nécessité de réformes structurelles profondes exigées par les bailleurs de fonds et la fidélité aux promesses de rupture portées par le PASTEF.

Franck Biyidi
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Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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