Afrique du Sud : 162 grévistes de Marikana inculpés pour meurtre libérés

Le tribunal de Pretoria a relâché 162 des 270 mineurs grévistes de Marikana inculpés pour les meurtres de leurs camarades, abattus par la police. Mais à leur sortie de prison, certains d’entre eux ont affirmé avoir subi des maltraitances en détention.

Ils ont enfin retrouvé la liberté. Sur les 270 mineurs grévistes interpellés pour le meurtre de leurs camarades après la fusillade de Marikana, au moins 162 ont été relâchés lundi par le tribunal de Pretoria. « Vous pouvez y aller », a dit aux prévenus le magistrat Esau Bodigelo, confirmant que « les chefs d’inculpation pour meurtre contre les accusés ont été retirés pour l’instant ». Comme l’avait annoncé dimanche le parquet sud-africain, assurant qu’ils seraient libérés sous conditions.

« Les policiers nous ont battus »

Des grévistes ont toutefois affirmé après leur sortie de prison avoir été maltraités par la police en détention. « Ils nous ont frappés et nous ont giflés, nous ont marché sur les doigts avec leurs bottes après nous avoir accusés d’avoir (caché) un clou dans la cellule », a raconté l’un d’entre eux, rapporte l’AFP. « Nous avons voulu utiliser nos téléphones à l’intérieur (du centre de détention), mais les policiers, ils nous ont juste fait sortir et nous ont battus. Ils nous ont donné des coups de poing, des coups de pied », a confié un autre au site d’informations Daily Maverick.

Leur inculpation avait choqué les Sud-africains qui pleurent encore la mort des 34 manifestants abattus le 16 août dernier par la police. Beaucoup dénonçaient le fait qu’aucun policier ne soit arrêté depuis le début de cette affaire. Le ministre de la Justice avait même demandé en personne des explications pour l’arrestation des 270 grévistes, qui étaient présents lors de la fusillade. Le magistrat qui avait donné l’ordre de les interpeller n’avait pas indiqué sur quel texte il s’était basé en les inculpant pour meurtre jeudi. Mais de nombreux juristes pensent qu’il s’est basé sur une loi anti-émeute datant de 1956, très prisée durant l’apartheid, et toujours en vigueur. Le texte stipule que soit arrêtée pour meurtre toute personne présente sur le site d’une fusillade impliquant la police.

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