Addax bioenergy se lance dans la production du biocarburant en Sierra Leone


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Addax bioenergy, filiale du groupe suisse Addax et Oryx, investit dans le biocarburant en Sierra Leone avec un projet de € 267 millions.

Le président sierra-léonais, Ernest Koroma, a posé le 10 novembre dernier près de Makeni (nord), la première pierre d’un complexe de production de biocarburant emmené par le groupe suisse Addax et Oryx. D’un montant de € 267 millions, le projet sera développé sur 14 300 hectares de terres louées à des paysans de la région Malal Mara. Sur ce site, le groupe suisse va installer des plantations de canne à sucre, un complexe industriel de fabrication d’éthanol et une centrale électrique qui seront pleinement opérationnels à partir de 2013. Le projet prévoit ainsi le traitement d’un million de tonnes de canne à sucre par an pour en extraire 90 000 m3 d’éthanol, destinés essentiellement au marché européen. La pleine production est prévue en 2014, selon les responsables d’Addax et Oryx qui ont signé un accord avec sept banques de développement européennes et africaines.

Une première pour le secteur agricole

Le groupe annonce « plus de 2 000 emplois directs avec des salaires plus de deux fois supérieurs au salaire minimum moyen » pour ce complexe qui emploie actuellement 772 salariés. « Le projet d’Addax Bioenergy représente à ce jour l’investissement le plus important du secteur privé dans le secteur agricole en Sierra Leone », a en outre précisé le chef de l’État sierra-léonais. Nikolai Germann, directeur général d’Addax Bioenergy, a pour sa part, affirmé que son groupe tiendra sa « promesse de devenir un modèle d’investissement durable en Afrique au bénéfice de toutes les personnes impliquées ». Un message visiblement destiné aux ONG qui s’inquiètent des répercussions de ce projet, notamment sur la sécurité alimentaire et les droits fonciers des paysans de ce pays ouest-africain sorti en 2002 de la guerre civile.

20 % des besoins en électricité du pays

Pour contrer toute accusation de ne pas tenir compte des critères fondamentaux de développement, le groupe suisse a affirmé que les communautés riveraines pourraient cultiver du riz sur une partie des terres louées (1 500 hectares), tout en promettant d’améliorer la sécurité alimentaire, de former les paysans, de protéger les fermes existantes et de fournir à la Sierra Leone 20 % de ses besoins en électricité. Confiant, le ministre sierra-léonais de l’Agriculture, Joseph Sam Sesay, a fait part de son impatience « de voir les nombreux bénéfices que ce projet apportera à un nombre important de personnes, non seulement autour de Makeni, mais aussi au niveau national ».

Un article de Marchés Tropicaux et Méditerranéens

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