
Créé en 2006, le Cartier Women’s Initiative accompagne des femmes entrepreneures engagées dans des projets à impact social ou environnemental. Vingt ans plus tard, l’édition 2026 met en lumière une nouvelle génération d’initiatives africaines, entre finance inclusive, formation, agroalimentaire local, recyclage, mobilité durable et irrigation solaire.
Un programme mondial, une présence africaine affirmée
Porté par la maison Cartier, le Cartier Women’s Initiative s’est imposé au fil des années comme l’un des programmes internationaux les plus visibles pour les entrepreneures à impact. Il combine financement, accompagnement, mentorat, visibilité et accès à un réseau mondial.
Depuis sa création, le programme revendique 330 entrepreneures soutenues dans 66 pays, pour plus de 14 millions de dollars distribués. En 2026, 30 lauréates ont été sélectionnées, réparties en neuf régions, avec en plus un prix thématique consacré aux innovations scientifiques et technologiques.
L’Afrique y occupe une place de plus en plus lisible. Le programme distingue désormais l’Afrique subsaharienne francophone, l’Afrique anglophone et lusophone, ainsi que la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Ce découpage traduit la diversité des écosystèmes du continent, avec leurs langues, leurs marchés, leurs contraintes de financement et leurs priorités propres.
Des solutions concrètes pour les économies africaines
Les projets africains retenus cette année montrent que l’innovation ne se résume pas aux grandes levées de fonds de la tech. Elle se joue aussi dans des solutions très concrètes, directement liées aux besoins des populations et des petites entreprises.

En Afrique francophone subsaharienne, Alice Ndeh développe au Cameroun Nkwa, une solution tournée vers l’épargne et la résilience financière des particuliers et des petites entreprises. Au Bénin, Mylène Flicka, fondatrice d’Irawo, mise sur la formation en ligne pour renforcer les compétences professionnelles. Toujours au Cameroun, Adeline Pelage, avec Biscuiterie Bobo, valorise des matières premières locales en produits alimentaires accessibles, tout en créant des débouchés pour les agriculteurs.
Cartier Women’s Initiative valorise une Afrique entrepreneuriale
La même logique se retrouve en Afrique anglophone et lusophone. En Ouganda, Susan Namirimu, avec Mtindo, travaille sur l’emploi féminin dans le textile. Au Kenya, Céleste Tchetgen Vogel développe eWAKA, une solution de mobilité électrique dédiée à la livraison, tandis que Louisa Gathecha s’attaque au recyclage du verre avec Bottle Logistics.
En Afrique du Nord, la Marocaine Nidal Tafah propose avec MIRRIAH une solution d’irrigation solaire pensée pour les petits exploitants agricoles, dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau.
À travers ces parcours, le Cartier Women’s Initiative donne à voir une Afrique entrepreneuriale qui ne se limite ni à l’aide au développement ni aux seules grandes startups numériques. Ces entreprises répondent à des enjeux essentiels : accès à l’épargne, formation, emploi, alimentation, gestion des déchets, mobilité et adaptation climatique.
Au-delà de la reconnaissance, l’enjeu est aussi financier. Les lauréates bénéficient de 100 000 dollars pour les premières places, 60 000 pour les deuxièmes et 30 000 pour les troisièmes, ainsi que d’un accompagnement d’un an. Dans un continent où les entrepreneures restent souvent moins financées que les hommes, ce type de programme apporte à la fois des capitaux, de la crédibilité et une ouverture internationale.



