ACAT, Asfari, Lamtalsi et Moumni : le Maroc contre-attaque !

L’Etat marocain a mandaté mardi des avocats en vue d’engager des procédures judiciaires contre le boxeur franco-marocain Zakaria Moumni et Adil Lamtalsi, auteurs de deux plaintes déposées en 2013 contre le patron marocain de la DGST pour « tortures ».

Les autorités marocaines ont mandaté ce mardi des avocats en vue de « déclencher des poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs de plaintes, mettant en cause de hauts responsables marocains pour des allégations de torture qu’ils savaient inexactes », indique un communiqué du ministère de l’Intérieur. Dans le viseur de l’Etat marocain : le boxeur franco-marocain Zakaria Moumni et le ressortissant franco-marocain Adil Lamtalsi. Leur point commun est d’avoir séjourné, injustement selon eux, en prison au Maroc.

En mai 2013, ceux-ci ont déposé plainte en France contre Abdellatif Hammouchi, le patron marocain de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), pour « tortures et complicité de tortures ».

La plainte de trop

Mais ce qui a réellement poussé le Maroc à ne réagir que maintenant sont les deux plaintes déposées le 20 février par l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) auprès de la France et de l’ONU contre Hammouchi, pour des actes de tortures qu’aurait subis le militant sahraoui Naâma Asfari. Ce dernier affirme avoir été torturé dans les prisons de Laâyoune en novembre 2010 par la police et la gendarmerie royale.

Le communiqué du ministère décrit l’ACAT comme « une association française connue pour son parti-pris flagrant et actif contre l’intégrité territoriale du Maroc ». L’ACAT avait demandé à la justice française d’interroger Hammouchi lors de son séjour à Paris en février. La convocation du patron de la DGST avait provoqué une crise diplomatique entre les deux pays.

Le Maroc estime que toutes ces plaintes déposées contre le patron de la DGST visent à déstabiliser les « organes de sécurité relevant du ministère de l’Intérieur, notamment la DGST, institution reconnue et estimée pour ses réalisations en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé, dans le strict respect de l’Etat de droit ».