Yamina Benguigui appelée à la rescousse par un condamné franco-marocain

Premier « gros » dossier pour Yamina Benguigui. Adil Lamtalsi, par l’intermédiaire de la ministre déléguée aux Français de l’étranger, Yamina Benguigui, appelle le gouvernement français à lui prêter main forte. Condamné en 2008 au Maroc pour trafic de drogue, le Franco-Marocain clame son innocence.

Victime d’un complot ? Adil Lamtalsi – et non Lamtaoui comme l’écrivent certains médias occidentaux – est détenu en prison au Maroc depuis octobre 2008. Le Franco-Marocain de trente-trois ans dont le dossier est au point mort en France depuis quatre ans, clame son innocence depuis qu’il a été condamné à dix ans de prison pour trafic de drogue.

Ses aveux auraient été extorqués sous la torture. Il a réussi à joindre, depuis sa cellule, la radio française Europe1 pour décrire son interrogatoire : « On m’a électrocuté, on m’a frappé. J’étais aussi attaché par les pieds, j’avais du sang qui coulait des oreilles. C’était un cauchemar, c’est psychologiquement et physiquement intenable. On est prêt à tout, même s’ils voulaient que j’avoue que j’étais responsable du 11 septembre dans les attentats de New-York, je suis prêt à le faire. Ça fait maintenant presque quatre ans, je n’en dors pas la nuit. »


"On m’a électrocuté, on m’a frappé" par Europe1fr

Adil Lamtalsi espérait le soutien du maire de Bordeaux, Alain Juppé qui, entre février 2011 et mai 2012, occupait le poste de ministre des Affaires Etrangères. Etait-ce une aubaine pour ce ressortissant originaire de la région Aquitaine ? Pas vraiment. Aujourd’hui, lui et ses proches demandent à Yamina Benguigui, la ministre déléguée aux Français de l’étranger, de faire évoluer la situation.

Sa réussite comme raison de son emprisonnement ?

Adil Lamtalsi est producteur de cinéma. A trente ans, il monte sa boîte de production au Maroc : « Art et Zness », et produit en quelques temps deux films. C’est le jackpot. Le succès est assuré et une place au box-office local est même au rendez-vous. C’est ce qui, d’après lui, lui a valu beaucoup de « jalousie ». « J’ai trop bien réussi, trop vite », explique-t-il. « Peut-être que c’est pour cela que l’on m’a mis en prison », soupçonne-t-il.

Le Maroc n’est effectivement pas un exemple en matière de justice ou de conditions d’emprisonnement, mais il paraît tout de même étrange que ce jeune Franco-Marocain ait été condamné à dix ans d’emprisonnement au seul motif d’être victime de « jalousie ». Qui aurait été jaloux de lui ? Et même si le Makhzen est passé maître dans l’art de l’invention de faux procès – référence notamment au rappeur Mouad Belghouat pour ses chansons critiques à l’égard du roi -, le cabinet occulte du roi n’a tout de même pas agi de la même manière contre le jeune réalisateur ? Il n’y a aucun lien entre lui et le roi Mohammed VI, d’autant plus que le Palais « chouchoute » ses ressortissants, surtout ceux qui décident de rentrer au pays pour y monter leur propre entreprise. Certes, la justice marocaine n’est pas blanche comme neige mais dans la plupart des cas ses condamnations ont un sens…

Quoiqu’il en soit, la famille du détenu compte sur l’engagement du nouveau gouvernement de s’occuper des Français détenus à l’étranger, dont les dossiers sont restés en suspens. Yamina Benguigui, issue du même milieu professionnel que Adil Lamtalsi, trouvera peut-être une solution. Il lui faudra toutefois patienter car, selon un communiqué du ministère français, l’homme est en attente de jugement dans une autre affaire le concernant…

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