Zimbabwe : la violence politique s’aggrave et accable Mugabe

Les intimidations et les assassinats menacent de plus en plus ouvertement l’opposition, soutenue par les fermiers blancs. Le pays tout entier est progressivement soumis à la terreur.

Il s’appelle Chengerai  » Hitler  » Hunzvi et assure que cela ne doit rien au hasard. Il est le leader des prétendus  » vétérans  » de la guerre d’indépendance qui, sous couvert de justice raciale, persécutent depuis deux mois les fermiers blancs du Zimbabwe. Depuis deux mois, c’est-à-dire depuis la défaite du président Robert Mugabe au référendum portant sur la réforme agraire.

Cette défaite, juge-t-on sur place, a été la conséquence directe du soutien apporté par les fermiers blancs au parti d’opposition Mouvement pour un changement démocratique (MDC) ; elle a révélé aux Zimbabwéens que le Zanu-PF, le parti de Mugabe au pouvoir depuis vingt ans, pourrait être vaincu aux élections législatives prévues en mai.

Le virus de la peur

C’en était trop pour  » Hitler  » et pour son maître officieux Mugabe. Les fermiers blancs ont été terrorisés, souvent molestés, quelquefois assassinés au cours de ce que le président persiste à qualifier de  » manifestations pacifiques « . Ensuite, des ouvriers noirs de ces mêmes fermiers blancs ont subi à leur tour la violence des  » vétérans « . L’un de ces ouvriers agricoles a été tué hier. Enfin depuis dix jours, au moins neuf membres du MDC ont payé de leur vie leur appartenance au parti qui menace le pouvoir du vieillissant héros de l’indépendance.

Comme un virus, la violence continue de s’étendre à toutes les couches de la société civile. C’est ainsi que les locaux d’un journal indépendant, le Daily News, ont sauté samedi. Le mystérieux  » Renouveau de la conscience africaine  » qui a revendiqué l’attentat vient de menacer de mort le révérend Tim Neill, numéro deux de l’église anglicane zimbabwéenne. Comme il l’a annoncé lui-même à l’AFP, Tim Neill n’est membre d’aucun parti politique.

La stratégie de Mugabe est-elle payante ? Le révérend Neill admet qu’il a très peur. Mais il réitère son message, transcrit par l’AFP :  » Nous descendons dans l’anarchie. «