Zimbabwe : place aux intimidations politiques

Une explosion au siège d’un journal indépendant et le probable report des législatives entretiennent la tension politique, prenant le relais des tensions ethniques.

Le Daily News, journal indépendant crée en 1999 à Harare, a été la cible hier soir d’un attentat à la bombe qui a endommagé l’entrée de son siège dans la capitale du Zimbabwe. L’explosion n’a pas été revendiquée. L’agacement causé par le Daily News au pouvoir du président Robert Mugabe est toutefois de notoriété publique dans le pays. Ce quotidien est le seul à critiquer le parti Zanu-PF, cependant que le Herald gouvernemental ouvre largement ses pages au discours officiel.

En cette période pré-électorale, l’attentat contre le Daily News est interprété, sur place, comme faisant partie d’une stratégie d’intimidation du pouvoir à l’encontre de l’opposition. Par ailleurs, il semble de plus en plus improbable que les élections législatives se tiennent en mai, comme l’avait annoncé le président Mugabe la semaine dernière.

Quelle tactique pour Mugabe ?

En effet, la Constitution zimbabwéenne impose un délai de cinq semaines au moins entre l’annonce des élections et la tenue du scrutin. Deux semaines doivent être employées au recueil des candidatures ; cette phase étant suivie d’une campagne électorale de trois semaines.

La loi fondamentale prévoit, d’autre part, un délai légal de quatre mois pour l’organisation d’élections à la suite d’une dissolution. En n’organisant pas les élections en mai, Robert Mugabe trahirait sa promesse mais ne violerait donc pas la Constitution.

Le président pourrait également, jugent certains observateurs cités par l’AFP, choisir d’organiser les élections en mai en dépit des dispositions légales. Alors que son parti, le Zanu-PF, semble menacé sur le plan électoral, Robert Mugabe pourrait ainsi tirer profit d’une campagne précipitée et limiter la possibilité pour l’opposition de se faire entendre.