Wolfowitz implore, le G7 ignore

Paul Wolfowitz a imploré mardi le Conseil d’administration de la Banque mondiale, qu’il dirige, de le garder en place, pour le bien de l’institution. Après une consultation du G7, même Washington a fini par admettre la possibilité d’un départ du Faucon de l’administration Bush, qui rejette les accusations de népotisme dont il est l’objet et n’admet que des torts partagés.

« J’implore chacun de vous d’être équitable en prenant votre décision car celle-ci affectera non seulement ma vie mais elle affectera aussi la manière dont l’institution est considérée aux Etats-Unis et dans le monde. », a déclaré mardi soir Paul Wolfowitz, appelé à se défendre d’accusations de népotisme devant le Conseil d’administration de la Banque mondiale (BM), qu’il préside. « J’ai peur que la façon dont l’enquête en cours est menée puisse porter un encore plus grand tort à long terme à l’institution que les prétendues accusations de manquement à l’éthique qui ont été, dans la réalité, résolues il y a plus d’un an », a-t-il ajouté, selon le texte de son audition communiqué par son avocat.

L’ex numéro deux de l’administration Bush est accusé de népotisme au profit de sa compagne Shaha Ali Riza, qu’il a promue du service communication au département d’Etat avec une hausse de salaire substantielle à la clé. Le comité ad hoc de la BM formé pour étudier ces accusations a conclu « sans ambiguïté », le 6 mai dernier, que « M. Wolfowitz n’avait pas respecté les règles » de l’institution multilatérale. Mardi soir, l’accusé s’est défendu en affirmant que la promotion de sa compagne faisait partie d’un accord « raisonnable » et que les torts étaient partagés dans cette affaire.

Trop tard pour « regagner la confiance du personnel » ?

Paul Wolfowitz est arrivé en juin 2005 à la tête de la BM, sur insistance de Washington, dans un environnement qui ne lui était pas favorable. Aujourd’hui, il estime que la véritable raison de sa mise en cause réside dans ses méthodes de travail. Il a admis avoir fait des erreurs et déclaré qu’« il y a un certain nombre de choses significatives [qu’il a] besoin de modifier pour regagner la confiance du personnel ». Il a promis de moins s’appuyer sur ses conseillers personnels « de l’administration Bush », précise le New York Times, et de déléguer davantage aux fonctionnaires de la Banque.

Mais les dés semblent jetés. Selon toute vraisemblance, le Conseil d’administration préférerait que Paul Wolfowitz remette lui-même sa démission, mais il semble aussi prêt à prendre ses responsabilités pour le démettre de ses fonctions. Même Washington, qui a réaffirmé sa confiance à son faucon, a admis la possibilité de son départ. « A un certain moment dans l’avenir, des débats devront être menés quant à la direction de la Banque mondiale. Dans ce sens, toutes les options sont sur la table. », a déclaré Tom Snow, le porte-parole de la Maison Blanche.

Alors qu’ils tentaient encore de sauver la tête de Wolfowitz lors d’une conférence entre représentants du G7, seul le Japon, parmi les nations « les plus industrialisées », s’est rallié aux Etats-Unis. « Le point du vu général, à l’exception du japonais, a expliqué un officiel européen, cité par le New York Times, est qu’il est impossible de distinguer les accusations de corruption de la crédibilité de la banque, qui demande de part le monde aux pays de ne pas s’engager dans la corruption. »

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