
À travers une nouvelle décision aux effets immédiats, les autorités américaines resserrent l’accès au territoire pour des dizaines de milliers de candidats à l’installation durable. La suspension des visas d’immigration permanente visant plusieurs pays, dont une large part en Afrique, rebat les cartes des projets familiaux et professionnels tournés vers les États-Unis
Les États-Unis durcissent une nouvelle fois leur politique migratoire. Depuis le mercredi 21 janvier, l’administration américaine a enclenché une suspension massive des demandes de visas d’immigration permanente en provenance de 75 pays à travers le monde, dont 26 États africains. Cette décision, portée par le Président Donald Trump dans le cadre de son agenda migratoire, va impavter des milliers de familles et de candidats à l’installation durable sur le sol américain.
Une mesure ciblant les visas de longue durée
Contrairement aux visas de court séjour, tourisme, affaires ou études,, le gel annoncé par Washington concerne exclusivement les visas dits « d’immigration », ouvrant droit à une résidence permanente. Ces titres sont généralement utilisés pour le regroupement familial, l’accès à un emploi stable ou l’installation définitive aux États-Unis. Selon le Département d’État, cette suspension a pour objectif officiel de permettre une réévaluation complète du système d’attribution des visas.
Les autorités américaines souhaitent revoir les critères existants afin de s’assurer que les futurs immigrants soient capables de subvenir à leurs besoins sans dépendre des aides publiques. Sur le continent africain, 26 pays figurent sur la liste des États concernés. Parmi eux : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Nigeria, le Maroc, la Tunisie ou encore la République Démocratique du Congo. Des nations aux profils économiques, démographiques et politiques très variés, mais désormais regroupées sous une même catégorie jugée « à risque » par Washington.
L’argument de la charge sociale au cœur du discours
Cette sélection suscite de nombreuses interrogations, notamment sur les critères ayant conduit à cibler ces pays plutôt que d’autres. Aucune méthodologie détaillée n’a été rendue publique, renforçant les critiques d’arbitraire et de stigmatisation. Dans un communiqué publié début janvier, le Département d’État justifie la mesure par le recours jugé excessif aux aides sociales par certains ressortissants étrangers déjà installés aux États-Unis. Pour l’administration Trump, l’immigration doit être synonyme d’autonomie financière et non de dépendance au système social américain.
Cette orientation s’inscrit dans une lecture restrictive de l’Immigration and Nationality Act, le texte fondateur qui encadre l’entrée et le séjour des étrangers. Une révision en profondeur de cette loi est en cours, avec pour ambition affichée de privilégier des profils considérés comme économiquement « contributifs ». Au-delà des revenus, d’autres paramètres pourraient désormais peser dans l’examen des dossiers.
Nouveaux critères à l’étude : politique migratoire de plus en plus restrictive
L’âge, l’état de santé ou encore la capacité à s’intégrer rapidement au marché du travail figurent parmi les éléments évoqués. Cette évolution inquiète les associations de défense des migrants, qui y voient un glissement vers une immigration strictement utilitariste. Officiellement temporaire, le gel pourrait toutefois s’inscrire dans la durée. Les autorités américaines ont précisé que la suspension resterait en vigueur tant que le pays ne serait pas en mesure de garantir que les nouveaux arrivants ne représentent pas une charge pour les finances publiques.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump multiplie les annonces et les actions en faveur d’un contrôle renforcé des flux migratoires. Fin 2025, il affirmait vouloir suspendre massivement l’immigration en provenance des pays en développement, évoquant la nécessité de « restaurer » le système américain. Les chiffres publiés par les autorités confirment cette ligne dure : plus de 100 000 visas auraient déjà été révoqués en quelques semaines, tandis que des centaines de milliers de personnes ont été expulsées ou ont quitté le territoire volontairement.
Quelles conséquences pour les candidats africains ?
Pour les ressortissants des pays concernés, cette décision représente un coup d’arrêt brutal à des projets de vie souvent construits sur plusieurs années. Regroupements familiaux retardés, opportunités professionnelles annulées, incertitude juridique : les répercussions sont multiples et profondes. Sur le plan diplomatique, cette mesure pourrait également tendre les relations entre les États-Unis et plusieurs partenaires africains, au moment où la concurrence d’autres puissances, notamment la Chine, s’intensifie sur le continent.
Alors que le débat sur l’immigration continue de diviser la société américaine, cette nouvelle décision confirme la volonté de l’administration Trump de redéfinir en profondeur l’accès au rêve américain.
Liste des pays africains concernés
Algérie, Cameroun, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, RDC, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Libéria, Libye, Maroc, Nigeria, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tanzanie, Togo, Tunisie et Ouganda.





