Une guerre folle reprend entre l’Ethiopie et l’Erythrée

Les combats ont repris vendredi 12 mai sur deux fronts au moins. Des observateurs estiment que ce conflit, entamé il y a deux ans, pourrait être le plus meurtrier du continent.

On écoute le monde venu à votre chevet, on se parle parfois, mais on continue à s’entre-tuer dans la Corne de l’Afrique. Après neuf mois d’une relative accalmie, c’est à nouveau la guerre ouverte entre l’Ethiopie et l’Erythrée. Des assauts éthiopiens ont été enregistrés ce vendredi matin sur le front du Mereb-Setit d’une part, et d’autre part autour de la ville de Zalambessa. D’autres sources, non vérifiées, font état d’autres incidents, en d’autres parties d’une ligne de front qui mesure 1 000 km, et où 750 000 hommes au moins se font face dans leurs tranchées respectives.

Des dizaines de milliers d’hommes sont morts dans ces lignes depuis que les troupes érythréennes ont pris possession, il y a deux ans, d’une zone frontalière contestée par Addis-Abeba. Les tentatives d’instaurer des pourparlers de paix sous l’égide de l’OUA ont été très nombreuses. A chaque fois, elles étaient acceptées par l’une des parties au fil de ses défaites, puis rejetées en dernière minute, parce que le sort des armes paraissait changer. Tant Asmara qu’Addis-Abeba ont recouru au même procédé, cependant que la famine s’installait de part et d’autre de la frontière.

Selon une déclaration érythréenne, le régime éthiopien a bloqué la conclusion d’accords pour se donner le temps de préparer une nouvelle offensive. Le 30 avril pourtant, de nouvelles négociations ont commencé à Alger. Elles ont été interrompues au bout de cinq jours.

Pire qu’au Sierra Leone et en R.D.C.

La porte-parole du gouvernement éthiopien, Salome Tadesse, vient à son tour de déclarer que l’échec du dialogue n’a pas de rapport avec la reprise des combats :  » La chance d’une solution pacifique existe toujours « , expliquait-elle vendredi matin.

Deux diplomates américains engagés dans les pourparlers, en revanche, jugent la situation de plus en plus critique. Richard Holbrooke, qui conduisait la délégation du Conseil de sécurité de l’Onu, a annoncé le 10 mai qu’une reprise du conflit  » constituerait immédiatement la guerre la plus importante sur le continent «  et qu’une solution diplomatique n’avait jamais été plus éloignée. Pour sa part, le représentant permanent américain à l’ONU a jugé que si les combats reprenaient  » il y aurait certainement plus de morts qu’au Sierra Leone et en R.D.C. réunis. «