Tunisie : précisions sur les affrontements de Siliana

Interrogée sur les événements sanglants attribués à AQMI en Tunisie, une haute source militaire qui souhaite rester anonyme précise pour afrik.com les données connues sur l’affaire.

Les autorités auraient eu connaissance depuis 6 jours de la présence confirmée de 9 terroristes sur le territoire tunisien. Sur les 9, on nous précise qu’il y aurait eu 2 morts tués lors des affrontements avec l’armée le 18 mai, 5 arrêtés, dont 2 auraient déjà commencé à parler, 1 fuyard, Nabil Sadaoui, originaire de Tataouine, recherché activement sur le territoire tunisien. Un autre fuyard qui aurait déjà quitté le territoire du coté de la Libye. Sans plus de précisions sur ce dernier.

Les deux individus qui seraient déjà passés aux aveux, seraient ceux arrêtés à Tataouine le 14 mai. Les médias et les sources officielles avaient d’abord annoncé qu’ils étaient de nationalité étrangère. L’un algérien l’autre libyen, avant d’annoncer qu’il s’agissait en fait de tunisiens. Selon notre source, la confusion sur les pays d’origine proviendrait du fait que ces individus portent des surnoms liés à leur lieu de résidence, donc l’un en Libye, l’autre en Algérie. Ces individus étaient pourtant équipés de ceintures explosives, sur ce fait, on nous indique qu’ils voulaient se battre jusqu’au bout et que la ceinture de l’un d’entre eux était trop grande ce qui ne permettait pas l’activation.

Sur les circonstances des affrontements du 18 mai et l’incroyable perspicacité du chauffeur de bus digne d’un agent de renseignement

Rien de d’étonnant d’après notre source, 3 des présumés terroristes qui empruntaient un louage (bus de campagne) auraient refusé de se séparer de leurs sacs très encombrants quand le chauffeur a voulu les mettre dans le coffre. Suspicions et refus de continuer la route avec eux. C’est là que tout aurait commencé. Ils auraient tiré, un caporal chef qui n’était pas en mission sera blessé mortellement à la tête. Puis ils auraient pris la fuite en direction de la montagne dans la région de Rouhyya, nommée Jbal Skarna. Dans leur fuite, ils auraient croisé des militaires stationnés devant la délégation (mootamdyya) de la ville, et ils auraient ouvert le feu à nouveau. C’est là, que le deuxième militaire, le lieutenant colonel Ayari aurait été tué. Ensuite ils auraient poursuivi vers la montage ou l’armée les a pourchassés avec des hélicoptères, deux d’entre eux auraient été abattus par des obus, et un troisième a réussi à s’enfuir, le fameux Sadaoui.

Sur le fait que le caporal chef tué se soit trouvé là alors qu’il était en permission

D’après notre source, ce serait pur hasard. Il était en vacances dans la région et en entendant les tirs, il se serait précipité sur les lieux en civil sans armes, il aurait reçu une balle perdue en pleine tête.

Comment ont ils pénétré sur le sol tunisien ?

D’après notre source, il ne peut s’agir que d’une entrée clandestine du coté algérien par la Borma, une région connue pour ses sentiers difficiles et ses activités de contrebande. En réponse à nos interrogations sur les contrôles du coté libyen avec l’affluence de réfugiés en tous genres, on nous répond que le travail sur les frontières libyennes est efficace et que c’est bien pour cela que les infiltrations se sont faites de l’autre coté.

Sur la réalité de l’appartenance de ces individus à AQMI, alors qu’il n’y pas de mobile précis ni de revendication.

Notre source est formelle, il s’agit bien de membres d’AQMI, et ce, grâce aux éléments recueillis, au mode opératoire, aux pseudonymes utilisés, mais aussi parce que deux des individus arrêtes auraient confirmé leur appartenance à AQMI. Fait plus marquant, les détenus arrêtés dans les violents événements de décembre 2006 à Sliman, à qui on aurait présenté les photos des individus abattus auraient confirmé qu’ils font partie de la même organisation à savoir AQMI.

La situation actuelle ?

La situation serait bien prise en charge par nos forces armées qui ratissent en ce moment les endroits susceptibles d’abriter le fuyard et d’éventuels complices, puisque, nous dit-on, on ne peut pas être totalement certain qu’il s’agisse uniquement de 9 individus. La population est appelée à la plus haute vigilance et à collaborer avec son armée qui surveille plus de 1400 kilomètres de frontière