Fusillade sanglante en Tunisie

Plusieurs hommes ont été abattus, mercredi, par les forces de sécurité tunisiennes. Ils faisaient partie d’une bande armée que la police avait déjà affrontée le mois dernier. Les autorités n’ont pas révélé la nature des faits qui leur étaient reprochés. Mais des journaux tunisiens évoquent le trafic de drogue et le terrorisme.

Des terroristes ? Des trafiquants de drogue ou d’arme ? Des voleurs ? Les autorités tunisiennes ont refusé de révéler l’identité et la nature des faits reprochés aux hommes abattus par la police, mercredi à Nabeul, aux environs de Slimane, une petite ville située à une trentaine de kilomètres de Tunis.

Mercredi, au petit matin, la zone a été bouclée par les forces de sécurité qui ont fait feu sur « le groupe de dangereux criminels » qui s’y était réfugié. L’agence Reuters a rapporté que 25 personnes auraient été tuées au cours des échanges. Un bilan que les autorités tunisiennes ont démenti sans donner le nombre précis des victimes, mais en précisant qu’elles avaient réussi à liquider les derniers membres d’une bande criminelle avec laquelle elle avait déjà eu maille à partir le mois dernier.

En effet, selon la TAP, l’agence de presse officielle tunisienne, cette fusillade faisait suite à une violente altercation entre la police et ces individus, dans la nuit du 23 au 24 décembre, à Tunis. Cet échange de coups de feu avait fait deux morts parmi les membres de la bande et deux blessés chez les policiers. Suite à cette altercation, de nombreux barrages de police avaient été installés sur les axes routiers, aux entrées de toutes les villes du pays et autour d’établissements jugés « sensibles » tels que les hôtels.

La piste terroriste évoquée

La presse tunisienne est divisée sur la nature des « dangereux criminels » abattus par les forces de l’ordre. Certains journaux, tels que Le Quotidien et Achourouk estiment qu’il s’agit d’hommes liés à un réseau international de trafic de drogue, tandis qu’un autre tel qu’Assarih évoque la piste islamiste. Selon le quotidien français Libération, il s’agirait d’un groupe de terroristes salafistes lourdement armé : « des sources proches du pouvoir admettent, en privé, que le premier affrontement impliquait bien des islamistes tunisiens, ainsi que des Algériens et des Mauritaniens, apparemment venus d’Algérie (plusieurs centaines de jihadistes tunisiens sont passés dans ce pays depuis l’invasion américaine en Irak). » Pour le quotidien panarabe Al Hayat, également, ces hommes en arme se seraient infiltrés dans le pays à partir de l’Algérie.

La Tunisie, dont les autorités veillent avec vigilance et fermeté à la sécurité intérieure, n’a pas l’habitude des fusillades et des actes de violence à grande échelle. Mais elle n’est pas à l’abri du terrorisme. En 2002, un attentat avait fait 22 morts, dont 14 touristes allemands, dans l’île de Djerba. Cette attaque avait été revendiquée par Al-Qaida.