Tunisie : pas de nouvelle Constitution avant 2013

La Tunisie ne pourra pas se doter d’une nouvelle Constitution avant février 2013. C’est ce qu’estime le rapporteur de l’Assemblée nationale constituante. Ce retard est un signe de ralentissement dans un pays qui vit une situation économique et sociale difficile, plus d’un an après la révolution qui a fait tomber Ben Ali.

La Constitution tunisienne ne sera pas prête avant février 2013, a annoncé le rapporteur de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Habib Kheder. La loi fondamentale pour la nouvelle Constitution devait initialement être soumise au vote de l’Assemblée constituante le 23 octobre. Lundi matin, Habib Kheder avait même parlé de vote en avril avant de revenir sur ses propos dans la soirée et finalement évoquer la date de février. Les raisons de ce retard ne sont pas expliquées par le rapporteur qui estime que la nouvelle date avancée sera plus « réaliste ».

Habib Khedder, membre du parti islamiste Ennahda, ajoute qu’un nouveau calendrier sera l’objet d’une réunion le 3 septembre avant la rentrée parlementaire du jour suivant. Le président de l’ANC, Mustapha Ben Jaffar du parti Ettakatol, maintient le 23 octobre comme objectif bien qu’il ait conscience que cela soit peu réalisable. « Il faut faire vite, mais pas se précipiter », a-t-il déclaré dans un entretien télévisé.

Contexte tendu

Le 23 octobre, l’Assemblée constituante fêtera ses un an. Cette date devrait être suivie par des élections générales en mars 2013. Habib Khedder ne s’est pas exprimé sur la date de la tenue du scrutin, estimant qu’il s’agit du ressort du gouvernement.

« Est-ce que le pays est capable de supporter tant de retard ? La fragilité de l’économie tunisienne peut-elle souffrir d’autant de retard? », a déclaré à l’AFP, Issam Chebbi, député et porte-parole du parti Républicain tunisien.

La Tunisie est également en proie à des troubles sociaux et économiques. Des syndicalistes de la ville de Sidi Bouzid, lieu d’où est partie la révolution tunisienne, ont appelé à faire grève pour protester contre l’interpellation de manifestants qui ont protesté pour obtenir leur salaire. Dans la capitale, Tunis, des milliers de personnes sont descendues dans la rue lundi. Elles tenaient à exprimer leur désaccord sur l’instauration dans un article de la future Constitution que la femme serait dorénavant « complémentaire à l’homme au sein de la famille ».

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