Tunisie : Marwan, le fils caché de Ben Ali ?

Marwan, un jeune tunisien de 26 ans, affirme être le fils de Ben Ali. Il aurait été adopté dès sa naissance et non reconnu par l’ancien président tunisien. C’est son père adoptif qui lui aurait confié ce secret peu avant sa mort.

L’histoire de Marwan, un jeune tunisien bientôt âgé de 26 ans, qui déclare être le fils de l’ancien dictateur tunisien Zine el Abidine Ben Ali, circule depuis quelques semaines dans les médias tunisiens. C’est dans une émission populaire tunisienne, Moussamah Karim, diffusée le 26 février dernier, que Marwan s’est exprimé officiellement quant à son histoire.

Entre les mois d’août et septembre 2010, Marwan a contacté M. Ahmed Batini, avocat à la cours de Cassation, pour qu’il saisisse la justice afin de prouver sa filiation avec l’ancien « raïs ». Il précise qu’il avait appris sa filiation par son père adoptif, peu avant son décès.

Les Trabelsi, mécontents des déclarations de ce jeune tunisien, se sont saisis de l’affaire et lui ont fait vivre un réel cauchemar. Marwan, qui présente des traits flagrants de ressemblance avec le président déchu, aurait certainement préféré un accueil plus chaleureux du clan Ben Ali.

La bête noire des Trabelsi

C’est en essayant d’entrer en contact avec l’ancien président tunisien pour s’assurer de la véracité de l’information que les déboires de Marwan ont commencé. Les Trabelsi, et surtout Leïla Trabelsi, ont immédiatement réagi, et de manière violente envers le jeune tunisien en le faisant tantôt incarcéré, tantôt interné à hôpital psychiatrique de Razi, à Tunis. Déjà, et avant même de l’annoncer aux Ben Ali, il réussit à entrer en contact avec sa supposée tante Hayet, une des sœurs de l’ancien dictateur, qui comprend immédiatement de quoi il s’agit mais qui fait tout pour l’empêcher d’arriver à la vérité. Le procureur de la République lui a carrément demandé de laisser tomber et de retourner à l’anonymat.

Il y a un peu plus de cinq mois, l’avocat a fixé un rendez-vous à Marwan afin qu’il lui présenter des documents prouvant qu’il était le fils de ben Ali, mais celui-ci ne s’était pas présenté. M. Batini a tenté de le joindre à plusieurs reprises, mais en vain. Marwan s’était volatilisé et personne ne savait où il se trouvait.

Ben Ali, coureur de Jupon ? Leïla n’aurait peut-être pas été d’accord qu’une autre femme vienne s’immiscer dans leur couple au moment où son époux était encore au pouvoir. De toute façon, un ménage à trois n’aurait pas non plus été possible étant donné que Ben Ali a fait interdire la polygamie en Tunisie.

L’avocat de Marwan a fait savoir qu’une demande de test ADN a été déposée pour le comparer à ses éventuelles sœurs, Dorsaf Chiboub ou Ghazoua Zarrouk. Le jeune tunisien a déclaré, dans l’émission Moussamah Karim, ne pas avoir de sentiment pour son présumé père. Il précise qu’ «il n’a pas été un bon président et ni un bon père d’ailleurs ». Aujourd’hui Marwan est à la recherche de sa mère, qui a pu être aussi victime du clan Ben Ali-Trabelsi. Affaire à suivre…