Tunisie : Ghannouchi en guerre contre le terrorisme

Alors que les forces de l’ordre tunisiennes poursuivent les opérations de ratissage à l’Ouest de la Tunisie, à la recherche des terroristes sur le Mont Chaambi, le chef du parti islamiste Ennadha, Rached Ghannouchi a déclaré, jeudi 9 mai lors d’une conférence de presse : « Nous sommes en état de guerre avec les extrémistes ! ».

« Nous sommes en état de guerre avec les extrémistes ! », a déclaré jeudi 9 mai à la presse, Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennadha. Il est particulièrement remonté contre les terroristes car une quinzaine de soldats et gendarmes tunisiens ont été blessés par des mines pendant les opérations de ratissage à l’Ouest de la Tunisie, sur le Mont Chaambi.

A l’instar du Chef du parti islamiste, Amer Laarayedh, un cadre d’Ennadha, pense aussi que le terrorisme n’a rien à faire en Tunisie : « Il n’y a pas de place, il n’y a pas d’avenir pour les groupes terroristes en Tunisie. C’est un Etat de paix, c’est une République civile. Pas de djihad armé en Tunisie ! C’est inquiétant, admet-il, mais c’est un phénomène international. C’est multidimensionnel », a-t-il affirmé, rapportent les médias locaux.

Rached Ghannouchi monte au créneau

C’est dire si la Tunisie est sous tension. Pas plus tard que jeudi 9 mai,
une source sécuritaire a annoncé que la police tunisienne des frontières a procédé à l’arrestation d’un ressortissant malien du côté de Feriana (gouvernorat de Kasserine), selon Tunisienumerique.com. A en croire cette source, le Malien avait sur lui des tracts appelant au jihad et avait essayé d’entrer sur le territoire tunisien à travers le point de passage frontalier de Bouchebka. Par ailleurs, dans un communiqué publié le même jour sur sa page Facebook, le ministère tunisien de l’Intérieur a annoncé l’arrestation d’un ressortissant libyen à Ben Guerdane. Ce dernier avait en sa possession une quantité d’explosifs qu’elle tentait de faire pénétrer en Tunisie.

Dans une interview exclusive accordée début avril à France 24, Rached Ghannouchi s’est prononcé de manière catégorique sur la peine capitale expliquant sa position : « Nous disons que la peine capitale est une loi naturelle, une âme pour une âme. Et celui qui menace la vie d’autrui doit savoir que sa vie est aussi menacée ». Selon lui, « la guerre contre le terrorisme, c’est la guerre pour le développement », appelant les politiques tunisiens à se rassembler pour se battre « contre cet ennemi commun », a-t-il souligné hier, jeudi.

Encore des mots ? Le parti au pouvoir a déjà été accusé de laxisme face au terrorisme. Les Tunisiens ont, récemment, pointé du doigt Ennahda à la suite de l’assassinat en février de l’emblématique opposant politique Chokri Belaïd. Le gouvernement tunisien avait fini par publier en avril les photos des cinq présumés suspects. L’intervention ferme de Rached Ghannouchi contre le terrorisme cherche ainsi à montrer la détermination des autorités tunisiennes à lutter contre l’insécurité qui frappe la Tunisie ces derniers mois.