Tunisie : des salafistes projetaient des attentats contre des ambassades

Un groupe armé neutralisé par les forces de sécurité tunisiennes projetait de perpétrer des attentats contre des ambassades et des diplomates étrangers en Tunisie, a révélé vendredi le ministre tunisien de l’Intérieur, Rafik Haj Kacem.

Qualifiant les membres du groupe composé au total de 27 éléments, de « salafistes terroristes » connus des services de sécurité tunisiens, le ministre de l’intérieur, Rafik Haj Kacem, a fait ces révélations lors d’une réunion des cadres du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).

Elles font suite à des accrochages meurtriers ayant opposé ces dernières semaines les forces de la police et de la garde nationale, appuyées par des unités de l’armée à un groupe armé qualifié par les autorités de « dangereux criminels ».

Le responsable tunisien a fait état d’un bilan de douze morts et quinze arrestations parmi les membres du groupe et deux morts et trois blessés dans les rangs des forces de sécurité, mais aucune indication n’a été fournie sur les pays auxquels appartiennent les ambassades et les diplomates ciblés.

« Des plans de certaines ambassades étrangères et des documents comportant des noms de diplomates étrangers résidant en Tunisie, ainsi que des explosifs de fabrication artisanale locale ont été saisis », s’est borné à déclarer le ministre.

Une traque de longue haleine

Selon la relation des faits, sans précédent en Tunisie, un premier groupe de six individus s’était infiltré à travers les frontières algériennes, a déclaré M. Haj Kacem en mentionnant parmi eux un ressortissant mauritanien.

« Les services de sécurité tunisiens connaissaient ces éléments, leurs noms et leur obédience salafiste terroriste, mais ont préféré les filer pour les surprendre avec le reste des membres du groupe en Tunisie, et dévoiler leurs desseins et leurs liens éventuels avec d’autres éléments », a-t-il dit.

« Ils ont été effectivement rejoints par d’autres individus au nombre de 21 personnes, qui étaient également fichés par les services de sécurité et qui faisaient aussi l’objet de filature », a-t-il ajouté.

« Une fois implantés dans des endroits différents dans la région de Grombalia, à 50 km au sud-est de Tunis, que les services de sécurité se soient assurés, à travers les informations et les données recueillies, que le compte y était et que le groupe allait entamer l’exécution de ses actions criminelles, il a été encerclé et pris d’assaut avec le concours d’unités de la défense nationale le 23 décembre jusqu’à la fin de l’opération le 3 janvier », a-t-il encore relaté.

Après avoir noté que « les investigations se poursuivent en coordination avec les services compétents des pays frères et amis », le ministre a assuré que « les forces de sécurité veillent avec vigilance pour prémunir le pays contre toutes les formes de criminalité, d’extrémisme et de terrorisme, d’autant qu’aucun pays n’est désormais à l’abri de tels dangers ».

Il a lancé un appel à la vigilance qui, a-t-il dit, « doit être le dénominateur commun pour toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens pour faire face à toutes les forces du mal et de l’extrémisme et préserver les acquis et les réalisations accomplis par notre pays ».