
La zone de Gamo, joyau agricole du sud de l’Éthiopie, est aujourd’hui le théâtre d’un drame humanitaire. Ce mardi 10 mars 2026, les autorités locales ont confirmé un bilan lourd de trente morts, victimes de pluies torrentielles d’une intensité rare. Ces précipitations ont provoqué des inondations éclair et des glissements de terrain dévastateurs, transformant les paysages verdoyants des hautes terres en zones de désolation.
L’administration régionale a exprimé sa profonde tristesse face à cette perte humaine soudaine, soulignant la violence des éléments qui ont frappé plusieurs localités de cette zone montagneuse.
Une géographie accidentée face à la furie des eaux
La région de Gamo est réputée pour sa topographie vallonnée et sa fertilité qui produient une grande partie des fruits du pays, notamment des bananes. Cependant, cette beauté naturelle cache une vulnérabilité extrême. La combinaison d’un relief escarpé et d’une densité de population élevée expose les habitants aux caprices de la météo. Lorsque les eaux saturent les sols des sommets, les coulées de boue deviennent inévitables. Elles emportent habitations et infrastructures sur leur passage. Actuellement, les services de communication locaux assurent un suivi constant pour apporter un soutien d’urgence aux sinistrés et tenter de sécuriser les zones encore menacées.
L’Afrique de l’Est sous le choc d’un climat déréglé
L’Éthiopie n’est pas la seule nation meurtrie par ces intempéries. Au Kenya voisin, le bilan est encore plus lourd avec au moins 49 décès recensés, principalement à Nairobi. Cette série de catastrophes s’inscrit dans une tendance climatique alarmante observée ces vingt dernières années en Afrique de l’Est. Les scientifiques pointent du doigt une augmentation flagrante de la fréquence des phénomènes extrêmes. Entre périodes de sécheresse sévère et épisodes pluvieux diluviens, la région subit de plein fouet les effets du changement climatique d’origine humaine, qui accentue la gravité de chaque saison des pluies.
L’urgence de l’adaptation face au désengagement international
Ce nouveau drame survient quelques mois seulement après que l’Éthiopie a accueilli le deuxième Sommet africain sur le climat en septembre 2025. Le pays, comme ses voisins, exprime une inquiétude croissante face au coût humain et économique du dérèglement climatique. Le retrait de certaines puissances mondiales, notamment les États-Unis, des accords climatiques internationaux et la réduction des budgets d’aide au développement laissent les nations africaines en première ligne. Pour les populations de Gamo, l’enjeu n’est plus seulement environnemental, mais vital. Il s’agit désormais de s’adapter pour survivre à une nature devenue imprévisible.



