Tous pour Kofi !

Le mandat de Secrétaire général des Nations-Unies est sans doute l’un des plus difficiles qui existent : quels que soient les pays en cause, son titulaire doit monter sur tous les fronts, tenter de désarmer les belligérants ou d’accompagner le respect des traités, remettre sans cesse sur le métier le tissu fragile d’un consensus international tiraillé entre intérêts et ambitions discordantes.

Kofi Annan va bientôt conclure un parcours sans faute dans cet art difficile. Eternel combattant de la paix et du droit, il a su déminer les conflits latents et calmer les tensions régionales, n’épargnant ni son temps ni ses forces, apparaissant comme un sage au-dessus des partages partisans et des jeux diplomatiques entrecroisés de la maison de verre…

Rien d’étonnant à la prise de position récente des pays africains en sa faveur : ce fils dont le continent peut à juste titre être fier mérite de poursuivre sa tâche. Et du Nord au Sud de l’Afrique, le cri de ralliement est le même : tous pour Kofi ! Souhaitons que l’Europe rejoigne au plus vite ce choeur, et que les Américains ne lui marchandent pas non plus leur soutien ! L’Asie, divisée, ne devrait pas y faire obstacle. Par les temps qui courent, il n’est pas si fréquent de voir réunis en un même homme courage, sagesse, résolution. Ne gaspillons pas ce qui constitue, pour la communauté des Nations, une chance exceptionnelle !