Togo : fortes tensions entre les forces de sécurité et les manifestants

Les forces de sécurité au Togo ont utilisé des matraques, des gaz lacrymogènes et des balles réelles contre les manifestants qui protestent pour obtenir une modification constitutionnelle qui interdirait au président Faure Gnassingbe de se représenter. Un enfant a été tué dans les affrontements qui ont suivi les manifestations de ces derniers jours.

L’opposition togolaise manifeste afin de faire inscrire dans la Constitution une limitation des mandats présidentiels à deux, couvrant ainsi une période de 10 ans maximum. Une telle disposition interdirait à l’actuel président, Faure Gnassingbé, déjà réélu à deux reprises, de se représenter.

Telle n’est évidemment pas l’analyse des soutiens de Faure Gnassingbé, pour lesquels cette modification constitutionnelle ne saurait avoir valeur rétroactive, et laisserait donc à leur champion la possibilité de se faire encore réélire deux fois, donc de rester, potentiellement, 10 ans de plus au pouvoir, ce qui porterait alors son règne à 25 année.

Les tensions sont donc de plus en plus importantes et les manifestations monstres de l’opposition, on parle d’un million de personnes dans les rues, entrainent la montée de violence avec les forces de sécurité. François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International a déclaré : « Malgré les déclarations des autorités en faveur de l’apaisement, la répression des manifestations par les forces armées continue au Togo. Un enfant de neuf ans a été tué par balle aujourd’hui à Mango, au nord du pays. Amnesty International appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale sur les circonstances de sa mort et l’usage excessif de la force par les forces de sécurité. Les autorités doivent s’assurer que les forces armées ne soient pas déployées dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre.

L’application de messagerie WhatsApp est bloquée depuis mardi soir et Internet mobile a été coupé depuis ce matin. Cela constitue une violation du droit à la liberté d’expression et entrave le travail des journalistes et activistes des droits humains sur le terrain. »

Les évêques du pays ont par ailleurs récemment pris position pour la réforme constitutionnelle, donnant ainsi une nouvelle légitimité à l’opposition.