Togo : Faure Gnassingbé Président

Faure Gnassingbé a été élu Président du Togo avec 60,22% des voix, selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante. A l’heure où nous écrivons, des partisans de l’opposition incendient des pneus et placent des barricades pour protester contre le verdict, qu’ils estiment frauduleux.

Faure Gnassingbé : 60,22%. Emmanuel Akitani Bob : 38,19%. Harry Olympio : 0,55%. Ce sont les résultats provisoires de l’élection présidentielle togolaise de dimanche dernier, délivrés par la Commission électorale nationale indépendante ce mardi. Le fils de l’ancien Président Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février dernier, a donc de grandes chances d’assurer la succession de son père. Ce qui a attisé la colère des partisans de l’opposition qui, ce mardi après-midi, avaient installé des barricades et brûlé des pneus. L’Union des forces de changement (UFC), principal parti de l’opposition, dénonce de son côté des « fraudes massives ». Les résultats de l’élection, pour laquelle se sont déplacés 64% des quelque 3,5 millions d’électeurs, devraient être définitifs d’ici une semaine, le temps que la cour constitutionnelle les valide.

Le chef de l’Etat nigérian, également président de l’Union africaine, semble avoir prévu que l’issue du scrutin serait houleuse. Il a donc convié, lundi, Faure Gnassingbé (Rassemblement du peuple togolais, RPT, au pouvoir) et Gilchrist Olympio, leader de l’UFC, à une réunion de concertation. « En gardant à l’esprit que lors des trente-huit dernières années, le gouvernement était incarné par une seule personne, nous avons décidé que celui qui remportera cette élection, quel qu’il soit, formera un gouvernement d’union nationale », a expliqué Olusegun Obasanjo.

L’UFC peu sûr d’intégrer le nouveau gouvernement

Une déclaration qui n’a rien d’officiel. Si Faure Eyadéma était d’accord avec le principe, pour l’UFC, les choses étaient différentes. Un collaborateur proche du candidat de l’opposition dite radicale, Jean-Claude Homawoo, a déclaré à l’Agence France Presse : « Si nous sommes gagnants, si la coalition (de l’opposition) est gagnante, Gilchrist Olympio a dit qu’il n’y aurait pas de problèmes. En revanche, si Faure Gnassingbé est déclaré vainqueur, c’est non. Nous ne serons pas prêts à rentrer dans un gouvernement ».

A l’annonce des résultats, le numéro un de l’UFC a dénoncé : « Nous nous y attendions. Il y a eu une fraude massive. Nous rejetons le résultat. ». Gilchrist Olympio souligné à l’Agence France Presse qu’il devait « consulter [son] bureau politique », mais qu’il pouvait « dire déjà, à 90% » que son parti n’entrera pas dans le nouveau gouvernement. Une partie de la foule est elle aussi excédée par le verdict quasi définitif des urnes. Des partisans de l’opposition, qui avaient déjà manifesté lundi, avaient en effet, à l’heure où nous écrivons, installé des barricades et brûlé des pneus dans certains quartiers de la capitale, selon l’Agence France Presse. D’aucuns attaquent des Français, qu’ils accusent de vouloir instaurer au Togo une crise pareille à celle que traverse la Côte d’Ivoire. La police a tenté de maîtriser les débordements à l’aide de gaz lacrymogènes.