Togo : Faure Gnassingbé en tête de la présidentielle

Le président sortant, candidat du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), Faure Essozimna Gnassingbé, arrive en tête de la présidentielle du 4 mars au Togo, d’après les résultats provisoires rendus publics ce samedi par 35 Commissions électorales locales indépendantes (Céli). Après qu’ils ont été annoncés, des manifestations ont éclaté à Lomé. Elles ont été brutalement dispersées par les forces de l’ordre. Jean-Pierre et Koffi Yamgnane ont été blessés.

Notre correspondant au Togo

La compilation des résultats du scrutin présidentiel a duré toute la journée au siège de la Fosep (Force sécurité élection présidentielle 2010), et Faure Gnassingbé a une avance confortable sur son principal challenger, Jean-Pierre Fabre, de l’Union des forces de changement (Ufc), soutenu par le Front républicain pour l’alternance et le changement (Frac). Le candidat du RPT a obtenu 765 184 voix sur 1 432 084 suffrages exprimés, soit environ 52 %, tandis que Jean-Pierre Fabre est crédité de 602 085 voix, soit environ 41%.

A la proclamation des résultats, des manifestations ont eu lieu dans la capitale et ont dégénéré. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants regroupés à la place de l’indépendance (centre-ville), sous la conduite de Jean-Pierre Fabre et Koffi Yamgnane, tous deux blessés au cours du rassemblement, selon plusieurs sources. Des troubles ont été également signalés dans d’autres points de la ville. La police a bloqué tous les points névralgiques de la capitale. « Nous avons interdit toute manifestation de joie ou de protestation », a déclaré Yark Daméhane, commandant de Fosep, pour justifier la répression. Nombre de manifestants ont été stoppés et repoussés jusque dans leur fief, à Bè (proche de l’opposition).

Dans la même journée, le matin, deux militants proches du candidat de l’Obuts (Organisation pour bâtir dans l’Union un Togo uni et Solidaire), Gabriel Agbéyomé Kodjo, ont été accusés d’avoir appelé la population à un soulèvement populaire. Selon une source proche de la Fosep, ils étaient en possession de « tracts invitant la population à l’insurrection ». Agbéyomé Kodjo aurait dénoncé, dans ce tract, des fraudes mises en place par la commission électorale pour avantager le RPT. « Ce système informatique frauduleux est censé fabriquer de faux résultats qui, par le biais d’un réseau connecté sur le vrai système informatique de la Ceni, écrasera et remplacera les vrais résultats centralisés par la Ceni pour ne laisser à cette dernière que les faux résultats à proclamer », indiquerait le document.

D’autre part, Guillaume Coco et Fulbert Attisso, tous deux du Mouvement Citoyen pour l’Alternance (MCA), ont été également appréhendés, selon les informations recueillies sur place.

A Lomé, la population est terrée chez elle. La peur plane sur la ville.

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