Sud-Soudan : le référendum pourrait être reporté

Tenir le référendum sur l’indépendance du Sud-Soudan le 9 janvier relèverait du « miracle ». C’est ce qu’a affirmé jeudi le président de la commission électorale, Mohamed Ibrahim Khalil, évoquant des problèmes logistiques. Un report du scrutin fait craindre de nouveaux affrontements entre le Nord et le Sud.

La consultation sur l’indépendance du Sud-Soudan, prévue début 2011, risque fort d’être reportée. « Il faudra un miracle pour organiser le référendum en temps et en heure en raison des difficultés et du calendrier serré », a prévenu lors d’une conférence de presse jeudi le président de la commission électorale, Mohamed Ibrahim Khalil. Le référendum d’autodétermination, point-clé de l’accord de paix qui a mis fin en 2005 à plus de 20 ans de guerre civile entre le Nord et le Sud, doit avoir lieu le 9 janvier. La question du rattachement ou non de la région pétrolifère d’Abyei au Sud-Sudan doit également faire l’objet d’un vote à la même date.

Des problèmes logistiques pourraient ainsi conduire à un report du scrutin. « Le processus est confronté à plusieurs difficultés. Le référendum pourra commencer à temps, mais nous n’avons plus un jour de marge de manœuvre. Si un problème que nous n’avons pas repéré survient, cela causera un problème dans le calendrier », a déclaré Mohamed Ibrahim Khalil, cité par l’AFP. De plus, les 7 millions de dollars promis par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) pour organiser le vote n’ont pas été reçus, a-t-il encore fait savoir.

Risque d’affrontements

Le début de l’enregistrement des électeurs sur les listes électorales, initialement prévu le 14 novembre, est, en outre, décalé d’un jour, la commission a ayant reçu avec un jour de retard (le 24 au lieu du 23 octobre) les formulaires d’inscription imprimés en Afrique du Sud. Mais cela n’aura pas d’incidence sur le calendrier, a-t-il toutefois rassuré.
La liste finale des électeurs doit être publiée le 4 janvier, à 5 jours de la tenue du scrutin qui pourrait conduire à la sécession du plus vaste pays d’Afrique. De nombreux observateurs craignent qu’un report du scrutin conduise à de nouveaux affrontements dans le Sud. L’ONU envisage d’accroître la présence de la mission de maintien de la paix en poste actuellement en poste à la frontière.