Accord de paix historique au Sud-Soudan

L’accord de paix entre l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) et le gouvernement de Khartoum a été signé ce dimanche, à Nairobi, dans la capitale kenyane. La signature de cet accord global met fin à 21 ans de guerre dans le Sud-Soudan et redonne espoir à la communauté internationale dans la résolution du conflit au Darfour.

Le Soudan met fin à 21 ans de guerre. C’est une formalité annoncée depuis le mois de décembre qui vient d’être accomplie. La paix est donc officiellement revenue, ce dimanche 9 janvier 2005, dans le Sud-Soudan avec la signature d’un accord de paix, à Nairobi, au Kenya, entre le gouvernement de Khartoum et la rébellion sudiste de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA). Cet accord historique marque la résolution du plus long conflit en cours que connaissait à ce jour le continent africain.

« C’est le meilleur cadeau de Noël et de Nouvel An pour le peuple soudanais, pour notre région et pour l’Afrique (…). Cet accord changera le Soudan pour toujours », a affirmé John Garang, le chef rebelle de la SPLA. Depuis 1983, la population noire du Sud, par ailleurs chrétienne et animiste, à travers la SPLA s’opposait au pouvoir du Nord, arabo-musulman. Ce conflit a fait environ 1,5 million de morts et quatre millions de déplacés. Au terme de la cérémonie officielle, et pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du président El-Béchir, en 1989, le chef de l’Etat et le Chef rebelle John Garang ont écouté côte à côte l’hymne national soudanais.

La paix au Sud-Soudan, un espoir pour le Darfour

Une vingtaine de Chefs d’Etat et de représentants de gouvernements africains ont assisté à la signature de cet accord entre le vice-président soudanais, Ali Osman Taha, et le chef de la rebellion, John Garang. Le retour de la paix au Sud-Soudan est un véritable succès pour la médiation de l’Autorité régionale intergouvernementale de développement (IGAD), le rassemblement de sept pays de la corne de l’Afrique. Son président, l’Ougandais Yoweri Museveni, a d’ailleurs paraphé en qualité de « témoin » le document officiel. Tout comme le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell. Cet accord de paix global reprend les différents protocoles signés depuis le début des négociations en 2002 entre Khartoum et la SPLA, qui portent sur 4 points majeurs. Notamment la question de l’autonomie du Sud-Soudan et le partage du pouvoir et des ressources.

En ce qui concerne l’autonomie, Khartoum a offert, en 2002, au SPLA une période d’autonomie de 6 ans au bout de laquelle il sera demandé, par voie référendaire, aux populations du Sud si elles souhaitent l’indépendance. La nouvelle frontière éventuelle sera celle qui avait été établie, en 1956, par les Britanniques. Quant au partage du pouvoir, John Garang deviendra Premier vice-président à la fin de la troisième année de transition. Et le Sud majoritairement chrétien, sera exempté de la charia, la loi islamique appliquée sur le reste du territoire soudanais. Les ressources, principalement pétrolières, feront quant à elles, l’objet d’un partage équitable : 50% pour le gouvernement soudanais et 50 % pour la SPLA. Les réserves pétrolières du Soudan sont estimées à plus de 2 milliards de barils et les principaux gisements se trouvent dans le Centre et le Sud du pays. L’accord de paix qui vient d’être signé, ce dimanche, est un signe d’espoir pour la communauté internationale dans la résolution du conflit au Darfour. Cette région située à l’Ouest du pays est, en effet, ravagée par une guerre sanglante depuis février 2003.

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