Stupidité de la censure…

L’actualité du Web est notamment marquée par la publication intégrale sur le site de l’hebdomadaire  » Courrier international  » des articles du dernier numéro de l’hebdomadaire marocain  » Le Journal  » qui lui ont valu son interdiction sur le sol marocain.

L’actualité du Web est notamment marquée par la publication intégrale sur le site de l’hebdomadaire  » Courrier international  » des articles du dernier numéro de l’hebdomadaire marocain  » Le Journal «  qui lui ont valu son interdiction sur le sol marocain.

Première leçon : la censure de ce numéro aura d’abord servi à attirer sur lui et sur son contenu l’attention internationale, et l’écho qui lui est ainsi fait dans le monde entier, mais donc aussi au Maroc, dépasse largement l’impact qu’il aurait pu avoir s’il avait été normalement diffusé. C’est la première stupidité de la censure, au moment où elle peut être contournée par de multiples moyens : elle fait de la publicité aux textes qu’elle prétend réprimer.

Mais la lecture attentive du texte ainsi proscrit révèle d’autres surprises. En effet, les articles du Journal n’étaient en rien favorables aux thèses défendues par Mohamed Abdelaziz, dont ils dressaient un portrait plutôt négatif, montrant sa duplicité, décryptant le double langage dont il usait vis-à-vis de ses interlocuteurs américains proches de la droite catholique, mettant en évidence la facilité avec laquelle il reniait à la fois ses références à l’Islam et les attaches marxistes de son mouvement, présentant ensuite son  » raidissement «  face aux questions qui le contrariaient et la nécessité, pour ses collaborateurs, de  » recadrer les propos «  de leur président !

Plus encore, les différentes analyses du  » Journal «  tendaient à prouver que les thèses du Front Polisario sont dépassées : « Le monde change. Nous devons, nous Maghrébins, nous adapter à cette mutation irréversible. L’Algérie doit comprendre qu’elle peut miser sur le Maroc dont tout le monde consacre le rôle actif à l’échelle eurafricaine. Elle doit constater que la RASD ne lui est plus d’aucune utilité. Le Polisario a démontré, sur le plan international, l’insolvabilité de sa théorie séparatiste. » En outre,  » Le Journal «  se fait l’écho avec force de toutes les données historiques qui concluent à la  » marocanité indiscutable du Sahara « .

Voilà donc la deuxième leçon : laisser parler Mohamed Abdelaziz et présenter ses propos avec l’impitoyable objectivité du  » Journal « , était infiniment plus efficace, pour la cause que défend le Maroc, que de tenter de le bâillonner stupidement, comme s’il fallait avoir peur de ce qu’il peut dire. Sans doute les censeurs, comme d’habitude n’avaient-ils pas lu avant d’interdire ? Ou n’avaient-ils pas bien compris ce qu’ils lisaient ? Encore une fois, ils nous administrent la preuve de la stupidité radicale de toute censure. Il y a lieu de se féliciter qu’Internet permette désormais d’y échapper.