Sports d’hiver : l’Afrique aligne quinze représentants aux JO de 2026


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Milano Cortina 2026
Milano Cortina 2026

Aux Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, l’Afrique signe une participation record avec quinze athlètes issus de huit pays. Une présence encore modeste mais hautement symbolique, portée par des parcours singuliers et une ambition croissante. Derrière ces performances se cache aussi la question de l’accessibilité des sports d’hiver pour le continent. Une nouvelle étape pour l’universalisme olympique.

Alors que les projecteurs se braquent sur les pistes glacées d’Italie pour les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina d’Ampezzo, une présence discrète mais historique s’affirme. Entre le 6 et le 22 février 2026, l’Afrique prouve que la passion du sport ignore les barrières climatiques. Bien que le continent soit souvent associé à la chaleur tropicale ou à l’aridité du désert, une poignée d’athlètes déterminés défie les statistiques pour faire briller les couleurs africaines sur la neige.

Une délégation record pour une ambition nouvelle

Pour cette 25e édition hivernale, l’Afrique marque les esprits avec une participation record de quinze athlètes issus de huit nations différentes. Ce contingent, le deuxième plus important de l’histoire du continent après celui d’Albertville en 1992, témoigne d’une progression fulgurante par rapport aux six représentants de Pékin 2022.

L’Afrique du Sud mène la marche avec cinq sportifs, suivie par des délégations du Maroc, de Madagascar, du Nigeria, de l’Érythrée, du Kenya, ainsi que des entrées historiques pour le Bénin et la Guinée-Bissau. Cette diversité géographique souligne que l’appel des cimes résonne désormais d’Abuja à Antananarivo.

Des parcours singuliers entre exil et racines

La présence africaine à Milan-Cortina repose largement sur des trajectoires de vie uniques. Nombre de ces sportifs sont des binationaux, nés ou ayant grandi en Europe et en Amérique du Nord, qui ont choisi de concourir pour leur pays d’origine. C’est le cas du fondeur nigérian Samuel Ikpefan, enfant des Alpes françaises, qui entame ses deuxièmes Jeux avec l’ambition de surpasser sa performance de 2022.

À l’inverse, la skieuse malgache Mialitiana Clerc entre définitivement dans la légende : à 24 ans, elle devient la première femme africaine à participer à trois éditions consécutives des JO d’hiver, s’imposant comme l’icône de cette Afrique qui n’a pas peur du froid.

L’universalisme olympique face au défi de l’accessibilité

Si cette participation est saluée comme une victoire symbolique par Mustapha Berraf, président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique, elle soulève également un débat de fond. Avec seulement 0,5 % des 2 900 athlètes engagés, l’Afrique reste le parent pauvre des disciplines hivernales. Ce déséquilibre questionne l’accessibilité réelle des Jeux prônée par le CIO.

Entre le manque d’infrastructures locales et le coût exorbitant des équipements, les sports d’hiver demeurent souvent le privilège d’une élite ou de sportifs formés hors du continent. Pourtant, chaque descente de ski alpin ou chaque poussée de skeleton sous un drapeau africain contribue à rendre cet anneau olympique un peu moins invisible.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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