Soudan : l’état d’urgence levé

Abdel Fattah al-Burhane
le général Abdel Fattah al-Burhane

L’état d’urgence imposé au Soudan, lors du coup d’Etat du 25 octobre dernier, a été levé dimanche, par le général Abdel Fattah al-Burhane auteur du putsch.

Dans un communiqué, le Conseil que dirige le général Abdel Fattah al-Burhane a évoqué «une main tendue pour créer l’atmosphère nécessaire à un dialogue fructueux et significatif pour la stabilité durant la période de transition», pour justifier la levée de l’état d’urgence qu’il avait imposé au Soudan, suite à son putsch du 25 octobre, dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

La levée de l’état d’urgence coïncide avec l’ouverture à Khartoum du procès de quatre manifestants, dont une icône de la contestation populaire contre les militaires putschistes. Il s’agit de Mohammed Adam, surnommé Tupac, jugé en même temps que ses coaccusés Mohammed al-Fattah, Ahmed al-Nanna et Mossaab al-Cherif. La prochaine audience est prévue le 12 juin, a annoncé le juge Zouheir Osmane, qui a exigé un rapport sur de possibles tortures contre les quatre jeunes qui s’étaient plaints de traitements inhumains et de violences policières.

La communauté internationale a alerté contre les risques d’un enlisement de ce pays très pauvre, et exige l’arrêt des répressions qui ont déjà fait une centaine de morts dans les rangs des populations civiles, en plus de plusieurs centaines d’arrestations. Les manifestants anti-putsch, pour leur part, refusent tout dialogue avec les militaires responsables du coup d’Etat d’octobre. La tension est donc permanente dans le pays avec des manifestations antisystèmes récurrentes.

D’ailleurs, ce procès intervient au lendemain de la mort de deux nouveaux manifestants, alors qu’ils protestaient contre le coup d’Etat. Rappelons que sur ordre du général al-Burhane, ses partenaires civils ont été arrêtés, le gouvernement de transition limogé et l’état d’urgence imposé lors de son putsch. Ce qui a eu pour conséquence d’embrasser ce pays déjà plongé dans le chaos, par le défunt régime d’Omar el-Béchir.

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