Soudan du Sud : le Président Salva Kiir signe l’accord de paix en dépit de « sérieuses réserves »

Le Président Salva Kiir a signé ce mercredi l’accord de paix censé mettre fin au conflit au Soudan du Sud, émettant toutefois de « sérieuses réserves ».

Enfin un accord de paix signé pour de bon au Soudan du Sud ? Rien n’est moins sûr. Après avoir hésité et demander un délai supplémentaire, le Président Salva Kiir a finalement signé ce mercredi un énième accord de paix censé mettre fin à vingt mois de conflit avec la rébellion menée par l’ancien vice-président Riek Machar. Un accord toutefois signé en dépit des « sérieuses réserves » qu’il avait évoquées un peu plus tôt. « La paix que nous signons aujourd’hui contient tellement de choses que nous devons rejeter. Ignorer de telles réserves ne serait pas dans l’intérêt d’une paix juste et durable », selon Salva Kiir, dénonçant des « dispositions néfastes » de l’accord, avant de signer le document devant les dirigeants de la région.

Le chef de la rébellion, Riek Machar, a quant à lui déjà signé l’accord la semaine dernière dans la capitale éthiopienne, Addis-Abéba. Le conflit fait toujours rage au Soudan du Sud qui a fait des milliers de morts déjà. Il oppose le chef d’Etat sud soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar depuis janvier 2013. Les deux responsables luttent tous les deux pour le pouvoir. En attendant, se sont les populations qui payent le plus lourd tribut de cette lutte acharnée pour le pouvoir qui a ensanglanté le pays. Des milliers de personnes ont été contraintes de se déplacer. De nombreuses ONG sur place parlent d’un conflit oublié et dénoncent une grave crise humanitaire. Sans compter les risques de maladies, telles que le choléra, qui pourraient s’abattrent sur le pays.

Les humanitaires pas épargnés

Sans compter que les travailleurs humanitaires ne sont pas non plus épargnés par le conflit. La France a en effet mardi condamné l’assassinat de deux employés de Médecins sans Frontières au Soudan du Sud, adressant ses condoléances aux familles des victimes.Toute la lumière doit être faite sur cet acte odieux, dont les responsables doivent être traduits en justice, selon Paris, soulignant que dans un contexte marqué par une aggravation constante de la situation humanitaire dans le pays, il est inacceptable que les acteurs humanitaires continuent de subir des attaques délibérées et de voir leur action entravée. La France a également rappellé son attachement au respect du droit international humanitaire ainsi qu’au travail des acteurs humanitaires et à leur protection, en toutes circonstances.

En attendant, dans le silence le plus complet de la communauté internationale, le sang continue de se répandre dans le pays. D’autant que cet nouvel accord de paix signé entre les belligérants ne garanti pas un cessez-le-feu ni l’arrêt des violations des droits de l’Homme, régulièrement commises par les deux parties et constamment dénoncées par l’ONU.

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