Soudan du Sud : Human Rights Watch accuse l’armée de « crime de guerre »

L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a publié ce mardi 21 juillet un rapport dans lequel elle accable les forces armées sud-soudanaises qu’elle accuse d’avoir perpétré des crimes de guerre. Les atrocités ont été commises entre avril et juin de cette année lors d’une offensive de l’armée

Les troupes sud-soudaines sont accusées de crime de guerre et de crime contre l’humanité. C’est en tout cas ce qui ressort du rapport de l’organisation internationale Human Rights Watch publié ce mardi 21 juillet. Le rapport publié sur le site de l’organisation fait en effet état de plusieurs cas d’atrocités attribués à l’armée : « Les forces loyales au gouvernement sud-soudanaise et leurs alliés ont perpétré des meurtres, des viols et ont brûlé et pillé de biens appartenant aux civils ». Selon le rapport, les atrocités attribuées à l’armée se sont produites lors d’une offensive qui s’est déroulée entre avril et juin 2015. Pour étayer son rapport, Human Rights Watch fournit des chiffres : 60 civils tués par pendaison ou par incinération et 63 cas de viols.

Le rapport de 42 pages souligne aussi d’autres bévues graves perpétrées par l’armée. « En avril et mai 2015, des forces gouvernementales, composées particulièrement d’une milice armée issue de la tribu Boul Nuer dans le State Unity, l’un des 10 États qui forment le Sud soudan, ont tué, battu à mort et violé des tas de civils, en majorité des femmes. Elles ont brûlé des maisons et des réserves de nourriture dans plus de 12 villes et villages. Elles ont aussi volé des milliers de vaches, de chèvres, de moutons ainsi que des vêtements, des aliments, des ustensiles de cuisine et d’autres objets ».

« Human Rights Watch exige l’ouverture d’une enquête »

Dans le rapport, l’ONG souligne que les attaques répétées contre les populations et la destruction de leurs maisons par des forces gouvernementales ont poussé de nombreux civils à fuir le pays. Le chiffre est alarmant. Human Rights Watch estime que le nombre de déplacés s’élève à ce jour à 10 000.

L’Organisation internationale ajoute que dans plusieurs cas, les forces gouvernementales ne font face à aucune résistance armée. Après avoir dressé son rapport, l’Organisation internationale exige l’ouverture d’une enquête pour sanctionner les responsables.

Human Rights Watch suggère des sanctions qui permettraient de mieux faire face aux responsables des actes. « Il est essentiel que les enquêtes se focalisent sur le rôle des officiers de l’armée dont les forces sont impliquées dans ces abus. L’enquête doit déterminer toute responsabilité criminelle, des responsabilités directes et indirectes », martèle l’ONG de défense des droits de l’Homme.