Soudan du Sud : le cessez-le-feu explose à Malakal

L’armée sud-soudanaise a affirmé avoir perdu le contact avec ses troupes à Malakal, dans l’Etat pétrolier du Haut-Nil, suite à l’offensive des rebelles. Ces affrontements ont fait voler en éclats le cessez-le-feu signé entre belligérants.

Le contact entre l’autorité militaire sud-soudanaise et ses troupes présentes à Malakal, dans le nord-est, a été rompu mercredi, suite à l’assaut des rebelles dans cette localité de l’Etat pétrolier du Haut-Nil. « Je n’ai aucun contact avec le commandement à Malakal », a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’armée, Philip Aguer.

L’action de la rébellion, qui affirme désormais contrôler Malakal, a fait voler en éclats le cessez-le-feu signé par les belligérants à Addis Abeba, le 23 janvier. Le porte-parole des rebelles, Lul Ruai Koang, a affirmé que les soldats loyaux avaient été repoussés hors de la ville. Il a également indiqué que la trêve a été violée par l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), et que les rebelles n’ont fait que riposter.

Selon des habitants de Malakal, les combats sont d’une extrême violence. « C’est une très grande attaque », affirme l’un deux. Ces affrontements seraient les plus intenses depuis l’annonce du cessez-le-feu.

Le jeune Etat, indépendant depuis juillet 2011, est le théâtre d’un conflit sans précédent qui oppose, depuis le 15 décembre, les forces loyales au Président Salva Kiir, et les rebelles fidèles à l’ancien Vice-président Riek Machar. Ce dernier, limogé en juillet 2013, est accusé d’avoir tenté un coup d’Etat en décembre dernier. Les combats ont fait plusieurs milliers de morts et quelque 900 000 déplacés.

Cette rivalité couvre par ailleurs un conflit ethnique. En effet, de nombreux meurtres ont été commis entre la communauté Dinka, dont est issu Salva Kiir, et celle des Nuer, à laquelle appartient Riek Machar.