Somalie : premier contact entre Paris et les pirates du Ponant

Une équipe du GIGN a été dépêchée à Djibouti, prête à intervenir pour libérer les membres de l’équipage pris en otage par les pirates qui ont capturé le voilier français, vendredi au large de la Somalie. Bernard Kouchner veut éviter toute « effusion de sang ».

C’est « un acte de piraterie caractérisé », a déclaré dimanche le Premier ministre français, trois jours après l’abordage par des pirates du voilier de luxe Le Ponant, au large de la Somalie, et la prise en otages de la trentaine de membres de l’équipage (environ 20 Français et 10 Ukrainiens). François Fillon a annoncé le déclenchement du plan « pirate-mer », avec l’envoi à Djibouti d’une équipe du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) spécialisée dans les interventions marines, au cas où les négociations avec les pirates échoueraient.

Paris a annoncé avoir établi un premier contact avec les ravisseurs – « a priori dix pirates armés », selon le ministre de la Défense Hervé Morin –, mais les négociations s’annoncent difficiles. « Il faut tout faire pour qu’il n’y ait pas d’effusion de sang », a déclaré Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères. Les autorités françaises n’auraient pas reçu de demande de rançon des pirates, pourtant coutumiers du fait, contre la libération des otages, qui seraient bien traités. « Nous n’avons pas les moyens militaires de combattre les pirates », a pour sa part estimé le ministre des Ports pour la région somalienne du Puntland, au nord-est de la Somalie. « Ils disposent de bateaux rapides, d’armes sophistiquées, et l’argent des rançons qu’ils ont obtenu lors de la capture d’autres navires fait leur force. »

Le trois-mâts français a jeté l’ancre au sud de la région semi-autonome du Puntland, sans qu’on sache s’il s’agit de la base des pirates ou d’un mouillage temporaire. Il est placé sous la surveillance constante de l’aviso français Commandant Bouan, un navire de la marine nationale qui se tient en permanence en vue du voilier.

Les côtes somaliennes sont réputées pour être l’une des principales zones de piraterie dans le monde, des gangs attaquant régulièrement les navires à partir de vedettes. L’année dernière, au moins 26 attaques, avec la prise de 85 otages, ont été recensées au large de la Somalie, selon le Bureau maritime international (IMB).