Somalie : signature d’une loi annulant l’accord maritime conclu entre l’Éthiopie et le Somaliland


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Le Président de la Somalie, Mohamed Abdullahi
Le Président de la Somalie, Mohamed Abdullahi

Le Président somalien Hassan Sheikh Mohamud a signé une loi qui annule l’accord maritime entre l’Éthiopie et le Somaliland.

C’est hier samedi que le Président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, a signé une loi qui annule l’accord maritime conclu l’Éthiopie et le Somaliland. Cet accord permet l’accès de l’Éthiopie à la mer Rouge. Cette loi a été promulguée à Mogadiscio, en présence du président du Sénat, Abdi Hash, et du président de la Chambre basse, Sheikh Adan Mohamed Nur.

Position officielle de Mogadiscio

Selon Hassan Sheikh Mohamud, « avec le soutien de nos parlementaires et de notre peuple, cette loi illustre notre engagement à sauvegarder notre unité, notre souveraineté et notre intégrité territoriale conformément au droit international ». Une loi qui, selon Daud Aweis, représentait la position officielle de Mogadiscio. Mieux précise  le ministre de l’information, « constituait un moyen de dissuasion puissant contre toute intrusion sur le territoire somalien ».

La Somalie insiste que cet accord est « illégitime » et a demandé une réunion internationale d’urgence pour vider cette question. C’est lundi dernier que l’accord a été signé pour permettre à l’Éthiopie un accès à la mer Rouge. C’est au début des années 1990, après la guerre d’indépendance de l’Érythrée, que l’Éthiopie a perdu ses ports de la mer Rouge. Une guerre qui a duré de 1961 à 1991. L’accès de l’Érythrée à l’indépendance a fait perdre à Addis-Abeba son accès direct à la mer Rouge.

Un accord « historique »

L’Éthiopie, enclavée depuis lors, se trouve dans l’impossibilité de mener un commerce maritime. C’est dans ce contexte que les autorités d’Addis-Abeba ont conclu un accord avec les sécessionnistes du Somaliland. D’ailleurs, le bureau du Premier ministre éthiopien a qualifié cet accord d’historique. Le gouvernement éthiopien se réjouit que l’accord soit « destiné à servir de cadre au partenariat multisectoriel entre les deux parties ».

Addis-Abeba a, selon DP World, acquis 19% du port de Berbera, depuis 2018. Cet accord devrait permettre à l’Éthiopie de bénéficier de 20 kilomètres de terres le long de la côte du Somaliland dans le golfe d’Aden, à travers le port de Berbera. Un bail renouvelable de 50 ans devra être signé permettant à Addis-Abeba d’en faire une base militaire et commerciale.

L’ONU et l’UA interpelées

L’Éthiopie a promis de reconnaître le Somaliland comme un pays souverain et recevra des actions dans les compagnies Ethio-Telecom et Ethiopian Airlines. Aussitôt après la signature, la Somalie avait alerté que « la décision de l’Éthiopie de conclure un protocole d’accord avec le Somaliland sur l’accès à la mer Rouge constitue une violation totale de la souveraineté et de l’indépendance de la Somalie ».

Le bureau du chef du gouvernement a déclaré que « le Premier ministre Hamza a exprimé sa détermination à protéger la souveraineté et a affirmé que personne ne saurait violer quelque partie que ce soit de la terre, de la mer et de l’air de la Somalie ». Le gouvernement somalien a rappelé son ambassadeur en Éthiopie pour protester contre cet accord. En plus d’avoir demandé aux Nations Unies et à l’Union Africaine de se réunir d’urgence pour discuter de l’accord.

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Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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