La Somalie met en garde après l’accord conclu entre l’Éthiopie et le Somaliland


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Le Président de la Somalie, Mohamed Abdullahi
Le Président de la Somalie, Mohamed Abdullahi

La Somalie a rejeté l’accord conclu par l’Éthiopie avec le Somaliland relatif à l’accès à la mer Rouge. Mogadiscio a qualifié cet accord de violation de sa souveraineté.

L’Éthiopie et le Somaliland ont signé, un protocole d’accord jugé historique. Un contrat qui agace Mogadiscio qui promet de s’y opposer par tous les moyens légaux. Ce mardi, la Somalie a rejeté l’accord conclu par l’Éthiopie avec la région du Somaliland relatif à l’accès à la mer Rouge. Les autorités somaliennes estiment que cet accord est une menace pour les relations de bon voisinage. En plus d’une violation de sa souveraineté.

Le porte-parole du gouvernement somalien, Farhan Jimale, a rencontré la presse à Mogadiscio pour dénoncer cet accord. « Le Somaliland fait partie de la Somalie et aucun accord n’est valable sans l’approbation de la Somalie », a déclaré l’officiel. Le gouvernement somalien a, en outre, rappelé son ambassadeur en Éthiopie pour protester contre cet accord.

Protéger la souveraineté de la Somalie

La Somalie a également demandé aux Nations Unies et à l’Union Africaine de se réunir d’urgence pour discuter de l’accord entre le Somaliland et l’Éthiopie. Mettant en garde que « la décision de l’Éthiopie de conclure un protocole d’accord avec le Somaliland sur l’accès à la mer Rouge constitue une violation totale de la souveraineté et de l’indépendance de la Somalie ».

Un communiqué publié par le bureau du chef du gouvernement a déclaré que « le Premier ministre Hamza a exprimé sa détermination à protéger la souveraineté et a affirmé que personne ne saurait violer quelque partie que ce soit de la terre, de la mer et de l’air de la Somalie ». Le protocole d’accord a été signé lundi entre le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, et le Président du Somaliland, Muse Bihi Abdi, à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Violation de l’intégrité territoriale

L’accord a été signé alors que les autorités somaliennes et la région séparatiste du Somaliland avaient accepté de reprendre les négociations après des années de tensions politiques. Réuni ce mardi, le gouvernement du Premier ministre Hamza Abdi Barre l’a qualifié d’actes de violation de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la nation somalienne.

Pour le Premier ministre somalien, « le Somaliland fait partie de la Somalie en vertu de la constitution somalienne et cet accord, signé sans base juridique, défie les règles de l’ONU, de l’UA et de l’IGAD ». Cet accord devrait permettre à l’Éthiopie de bénéficier de 20 kilomètres de terres le long de la côte du Somaliland dans le golfe d’Aden, à travers le port de Berbera. Un bail renouvelable de 50 ans devra être signé permettant à Addis-Abeba d’en faire une base militaire et commerciale.

Un accord historique

DP World, qui gère les opérations de ce port du Somaliland, avait révélé qu’Addis-Abeba a acquis 19% du port de Berbera, depuis 2018. En retour, Addis-Abeba a promis de reconnaître le Somaliland comme un pays souverain par l’Éthiopie et recevra des actions dans les compagnies Ethio-Telecom et Ethiopian Airlines. Selon, plusieurs observateurs, cet accord entre Addis-Abeba et la région du Somaliland fait craindre la naissance d’un conflit dans la région.

Surtout que l’ancien Président Mohamed Farmaajo a appelé le gouvernement somalien à réagir de manière appropriée. De son côté, le bureau du Premier ministre éthiopien a salué cet accord, le qualifiant d’historique. Mieux, le gouvernement se réjouit qu’il soit « destiné à servir de cadre au partenariat multisectoriel entre les deux parties ».

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