Somalie : Les raids américains critiqués par la communauté internationale

Mercredi, huit « terroristes » ont été tués et cinq blessés lors de la reprise des attaques aériennes américaines dans le sud de la Somalie, où se cachaient des agents d’Al-Qaida. Les Etats-Unis sont confrontés à des critiques émanant, entre autres, de la France, de l’Italie, de l’Union africaine et de l’ONU qui craignent une escalade des hostilités dans la région.

Mercredi, de nouvelles attaques américaines ont frappé le sud de la Somalie où se sont cachés les derniers miliciens islamistes et des agents d’Al-Qaida, selon les Etats-Unis qui ont renforcé leur dispositif aéronaval face aux côtes somaliennes. Ces raids aériens visaient vingt terroristes dont huit ont été tués et cinq blessés. Les cinq capturés sont sous le contrôle des troupes éthiopiennes, alliées des Américains dans cette guerre de nettoyage, a déclaré le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi.

Pendant ces opérations menées dans la région de Ras kamboni, frontalière avec le Kenya, un haut responsable d’Al Qaeda a été tué, a indiqué l‘AFP. Fazul Abdullah Mohammed, jeune comorien de 32 ans, figurait sur la liste des terroristes les plus recherchés par le FBI. Il était l’un des acteurs principaux des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998, faisant 224 morts. Si la lutte contre le terrorisme est une des grandes préoccupations des politiques en Occident, la poursuite des raids américains en Somalie produit des dissensions chez les partenaires des Etats-Unis.

Les frappes américaines désapprouvée par une grande partie de l’opinion internationale

Parmi eux, le Premier ministre Britannique, Tony Blair est bien le seul à soutenir George W. Bush dans cette guerre contre le terrorisme sur le sol somalien. Pour la France, « l’intervention américaine en Somalie risque de compliquer la situation dans cette région d’Afrique. Elle peut accroître les tensions qui y sont déjà vives », a déclaré, mercredi, le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Mattei. Le porte-parole de la diplomatie italienne, Massimo D’Alamo, a fait savoir qu’il s’opposait « aux initiatives unilatérales pouvant créer de nouvelles tensions dans une région déjà déstabilisée ».

Des positions comparables à celles-ci ont été prises par le secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-moon. Il s’est dit « inquiet de la nouvelle dimension que ce type d’intervention pourrait apporter au conflit et de la possible escalade des hostilités qui pourrait en résulter » a rapporté son porte-parole, Michèle Montas. Ban Ki-moon a réitéré son appel à une solution négociée en Somalie et au retrait des troupes étrangères afin d’éviter l’escalade des hostilités. Il a prôné le retour à un processus politique conformément à la résolution 1715. Cette résolution, adoptée à l’unanimité par le conseil de sécurité, autorise « l’autorité intergouvernementale de développement et les Etats membres de l’Union Africaine à établir une mission de protection et de formation en Somalie, dont le mandat sera réexaminé à l’issue d’une période initiale de six mois ». Il a indiqué que ses membres avaient soutenu l’envoi d’une mission d’évacuation à la frontière entre la Somalie et le Kenya, notamment pour soutenir les humanitaires. La commission Européenne et l’Union Africaine ont aussi critiqué ces raids.

Des organisations humanitaires ont également remis en cause l’intervention américaine. « Nous craignons que des civiles puissent avoir été tués faute d’un respect du droit humanitaire internationale » a déclaré Claudio Cordone d’Amnesty Internationale. Le ministre des Affaires Etrangères français, Philippe Douste Blazy et le secrétaire générale de l’ONU ont déploré ces pertes de vies humaines. Lors de ces attaques aériennes américaines, une centaine de civiles ont été tués, selon des témoins somaliens.

Face à ces critiques, les américains justifient leurs actes par leur volonté d’éradiquer la menace terroriste dans la corne de l’Afrique, une région sensible proche de la péninsule arabique. « Les Etats-Unis ont pris ces mesures parce que nous disposons d’informations sur la présence de hauts responsables d’Al-Qaida en Somalie » a déclaré Tom Casey, porte-parole du département d’Etat.