Session sur le Mali à Accra : ce que Bamako attend de la CEDEAO et de l’UEMOA

CEDEAO
CEDEAO

Les chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest se réunissent à Accra au Ghana, ce dimanche 3 juillet, dans le cadre de la 61ème session ordinaire de l’organisation sous-régionale. Bamako a saisi l’opportunité de ces travaux pour faire part de ses attentes.

Depuis le 9 janvier 2022, la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest) a imposé des sanctions économiques contre le Mali. Après le coup d’État du 20 août 2020, qui a renversé le défunt Président Ibrahim Boubacar Keïta, la CEDEAO avait fixé à la junte malienne une période transitoire de 18 mois, à compter de septembre 2020. Le non-respect des engagements pris par Bamako, notamment celui d’organiser des élections le 27 février 2022, avait donc motivé les sanctions de l’institution.

Lesquelles sanctions avaient été maintenues, le 4 juin dernier, par la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, lors d’un sommet extraordinaire à Accra. Lors de cette 61ème session, qui s’ouvre ce jour au Ghana, la CEDEAO devra examiner la question malienne, après différents développements. En effet, entretemps, Bamako a posé des actions visant à rassurer l’instance sous-régionale, parmi lesquelles la tenue d’un scrutin pour l’élection du président de la République, le 4 février 2024.

Mais avant ce scrutin présidentiel, les autorités de la Transition malienne, dans leur agenda rendu public, vont organiser un référendum constitutionnel, le 19 mars 2023, avant de se projeter sur des élections législatives, le 29 octobre 2023. Une ouverture qui laisse espérer que la CEDEAO va desserrer l’étau malien. D’ailleurs, hier samedi, l’Association des médiateurs des pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (AMP-UEMOA a dit espérer que «cette session pourrait être l’occasion pour les chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO de lever les sanctions économiques imposées au Mali».

En marge d’une audience avec le président de la Transition au Mali, Colonel Assimi Goïta, Hadja Awa Nana-Daboya, médiatrice de la République togolaise par ailleurs présidente de l’AMP-UEMOA, a mis en garde que «si nous ne réagissons pas, nous ne savons pas quels seront les prochains pays cibles». Selon elle, «quand on pense que la CEDEAO et l’UEMOA ont pour texte fondateur la défense, la protection de l’intérêt des citoyens de leur communauté, nous ne comprenons pas le sens de ces sanctions». Les médiateurs ont demandé à la CEDEAO et l’UEMOA une levée immédiate des sanctions économiques contre le Mali.

Pour sa part, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a confié que son pays attend de la Conférence des chefs d’État «qu’elle se situe dans une posture d’accompagnement de notre pays de pouvoir prendre en compte des avancées et de comprendre que le train a quitté la gare, le Mali est en train d’avancer et que la CEDEAO puisse accompagner le Mali dans cet exercice». Le chef de la diplomatie malienne estime que «toutes les avancées importantes qui ont été enregistrées vont dans le sens d’une levée de ces sanctions».

Lire : Désaccord au sein de la CEDEAO sur le Mali, le Burkina et la Guinée