Sénégal : Wade au centre de la campagne

La campagne électorale a officiellement démarré ce samedi à minuit au Sénégal. Dimanche, huit candidats à l’élection présidentielle tenaient un meeting commun à Dakar alors qu’Abdoulaye Wade réunissait ses partisans à Mbacké, près de Touba.

L’opposition avait promis un « méga-meeting ». Alors que les musulmans célébraient ce week-end le Maouloud, l’anniversaire de la naissance du prophète, moins de 2000 personnes se sont déplacées ce dimanche place de l’Obélisque pour dire non à la candidature d’Abdoulaye Wade à un troisième mandat. Rejetant toute idée de boycott de l’élection du 26 février prochain, les principaux leaders de l’opposition se sont engagés à « rester unis » jusqu’au retrait de la candidature du chef de l’Etat.

« Wade doit partir !, lance le candidat socialiste Ousmane Tanor Dieng à la tribune. La constitution prévoit deux mandats et il a fait ses deux mandats. » « Nous devons dépasser les problèmes de personnes, taire les querelles, poursuit-il. C’est le destin de notre pays qui est en jeu. » Derrière lui, une banderole affiche : « Pas d’élection présidentielle au Sénégal avec Wade ». Sept autres candidats ainsi que le chanteur Youssou Ndour et Alioune Tine, coordonnateur du M23, se succèdent pendant deux heures au micro. « L’objectif est d’être tous ensemble pour le début de la campagne électorale », explique Cheikh Tidiane Dieye. « Nous allons accentuer le combat pour le retrait de la candidature de Wade », promet le responsable du M23.

De son coté, le président Abdoulaye Wade tenait son premier meeting à Mbacké, près de Touba, la capitale du mouridisme dont l’influence a été importante lors des précédentes élections (lire l’article : Sénégal : La course au ndigueul). Souleymane Ndéné Ndiaye, son Directeur de campagne a parlé d’une mobilisation sans précédent en avançant le chiffre délirant de 2 millions de personnes ! Avant de se reprendre et de parler de 50 000 personnes, ce qui reste encore sujet à caution.

« Douze ans de recul démocratique, ça suffit !

Lors de son meeting, Abdoulaye Wade a dénoncé l’ingérence étrangère dans la campagne électorale accusant les états occidentaux d’être « jaloux des efforts qu’il déploie pour faire du Sénégal un pays émergent » (…) « Les élections se passent au Sénégal. Ce sont les Sénégalais qui votent ». Puis il s’est posé en père de la Nation, loin du conflit dont il est pourtant à l’origine : « Si quelqu’un vous pousse vers la violence, il faut vous abstenir de riposter. Il faut cultiver la paix pour que l’élection puisse se dérouler dans le calme ».

Mais pendant ce temps l’opposition décidait de maintenir la pression du tout sauf Wade : « Nous avons deux exigences : la tenue de l’élection et le retrait de la candidature d’Abdoulaye Wade », affirme Macky Sall. Pour l’ancien Premier ministre, l’opposition doit réussir à toucher les habitants des villages les plus reculés pour leur expliquer que « la candidature d’Abdoulaye Wade est illégitime et illégale ». « Douze ans de recul démocratique, ça suffit ! Douze ans d’espoirs déçus, ça suffit ! Douze ans de vol, de gabegie, ça suffit ! », tonne Moustapha Niasse le candidat de la coalition Benno Siggil Senegaal. Lundi, les opposants devraient se rassembler pour un nouveau meeting commun à Rufisque, en banlieue de Dakar. Et, pour mardi, ils annoncent une marche de l’université Cheikh Anta Diop jusqu’au ministère de l’Intérieur.